vendredi 2 janvier 2026

EPIDEMIE DE CAPITAINES CINGLES...

Une attention préventive portée à la santé mentale des potentats alkebulanais s’imposait désormais comme une urgence signalée dans chaque pays. La régularité du phénomène avait fini par lui conférer valeur de loi. À peine installés, leur programme, pourtant présenté comme le socle du pacte avec le peuple, était relégué aux archives mortes, sacrifié sur l’autel d’une nouvelle feuille de route, plus conforme au statut fraîchement acquis, aux appétits familiaux soudain décomplexés et aux rêves egomaniaques jusque-là refoulés.

Les rédacteurs de chartes constitutionnelles devraient s’emparer de cette question sans délai. Car comment nommer autrement cette épidémie de reniement qui frappe les dirigeants sitôt le pouvoir conquis ? Malédiction du fauteuil ? Palais hantés par des démons invisibles ? Mauvais nouveaux compagnons, chuchoteurs de vanité et marchands d’illusions ? Ou, hypothèse plus dérangeante, simple révélation d’une nature longtemps dissimulée, désormais libérée de toute contrainte morale ?

La médiocrité qui s’installe au sommet ne pourrait-elle pas être reconnue comme une pathologie démocratique à part entière ? Une affection chronique, transmise non par le sang, mais par le suffrage. Au meme titre que le niveau de l’électeur moyen, non pour le mépriser, mais pour comprendre ce qu’il tolère, ce qu’il banalise, ce qu’il finit par ériger en norme. Car chacun contribue, par son choix ou son renoncement à l'installation du mauvais. Le baromètre, lui, ne ment jamais : il indique fidèlement la pression. Ce sont les hommes qui feignent de ne pas regarder l’aiguille.

Ainsi, au Gourouland, l’ouroboros était apparu sur la lucarne magique. L’attente d'une prise de parole clarifiante était aussi grande que l'attente d'une interaction réparatrice capable de lever le doute existentiel qui rongeait le peuple. Malheureusement, le spectacle donné fut celui d’un soliloque dévastateur, d’un déchirement public où l’âme semblait se replier sur elle-même. Une convulsion psychotique animique, plus proche de la dispute intérieure que de l’adresse collective. Il se chamaillait, bien plus qu’il ne parlait, avec ses ennemis affreux mentors, trés accommodants.

Les gouroulandais, à l’instar sans doute de nombreux peuples alkebulanais, devront encore s’armer de patience. L’espoir, dans ces conditions, devient une denrée rationnée. Car rien de durable ne peut être bâti avec des dirigeants délurés, prisonniers de leurs pulsions et sourds aux signaux du réel. La souveraineté économique, idée désormais célébrée à l’échelle du globe, n’est plus un luxe idéologique ni un simple credo stratégique : elle s’impose comme un leitmotiv de survie, à l’heure où l’intérêt général s’est vidé de sa substance et où le langage du bien commun n’est plus qu’un décor rhétorique.

Faute de capitaines lucides, les alkebulanais subiront encore l'effondrement latent mais parfaitement prévisible du système monétaire international. Un système qui, sous couvert de technicité et de liberté, a forgé les chaînes de l’asservissement de la plus grande partie du monde à l'autre. 

Bonne année à tous !

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