Chaque père de famille avait son préféré dans sa progéniture, sans lequel, ou loin duquel, il n’osait tout simplement pas concevoir de vivre. Ausssi lorsque Satan, brave pere de famille, sentit-il l’étau se resserrer autour des siens, les invertis, il avait tiré un coup de semonce. Comme à son habitude, sans fracas inutile, un geste presque banal, un événement anodin, mais dirigé à l’endroit exact où la douleur serait la plus ressentie. Un message clair avait été envoyé sans façon. Restait à savoir à qui il était véritablement destiné.
Était-ce à l’ouroboros... Trop absorbé par le sauvetage du grillon ? L'ouroboros faisait l'aveugle le sourd et le muet, tout à la fois. Visiblement respecter sa part du marché passé avec le monstre aux relents de complot contre son proto de gourou, lui en coutait. Il avait déserté l'espace public offrant un vide saisissant au grand bonheur de la nounou qui pouvait exercer en toute liberté. Au diable, la tisseuse et Imeldasse !
Ou bien l’avertissement visait-il le gourou... une manière de lui rappeler que le combat etait loin d'etre fini. Et qu'il ne pouvait accepter que ce dernier continue d'écorcher son leadership et qu'à travers ses paroles et ses actes, assiège son royaume. Les diatribes du gourou contre le mensonge, la cupidité et la malhonnêteté etaient perçus comme coups de belier contre la forteresse du mal
La chute du campusard avait éclaté comme une déflagration. Elle avait rattrapé l’ouroboros : son idée torne de paix en etait bien la cause. N’avait-elle pas laissé prospérer l’impunité, pensant que la vertu publique s'accommoderait des natures mauvaises ?
Il va sans dire que la paix est un vaste concept, général et impersonnel. Et donc la racaille a laissé libre cours à sa vraie nature. Et donc la racaille n'avait fait que ce que la racaille sait faire. Bon chien chasse de race.
Peut-être la marmaille tenait-elle là sa chance de rédemption. La vraie violence c'était, en effet, une justice sans conscience. Encore fallait-il avoir la volonté, le courage et la compétence d’une chirurgie de haute précision : extirper la gangrène qui menaçait tout le corps de la racaille. Purifier revient moins souvent à sauver qu’à survivre !
Au fond, rien ne change : Loin des histoires d'ordre et de nécessité, le commun des mortels, comme les jababus, continuera de penser, avec une résignation tranquille, que le pouvoir de l'ouroboros venait de se consolider par le sang.
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