vendredi 13 mars 2026

LE DESTIN DE VOLEUR DE CLEF ....

Ô Ouroboros, comment peux-tu pactiser avec ceux qui ont juré la perte de celui dont tu fus l’ombre et la force ? 

Sais-tu comment le traître a toujours été traité à travers l’histoire, et ce qu’il advient de celui qui accepte de se fendre pour laisser passer l’obscurité ?

Le nom d’Éphialtès ne te dit peut-être pas grand-chose. Pourtant il est devenu un synonyme d’infamie. C’est lui qui vendit aux Perses le sentier secret des Thermopyles. Il ne fut ni célébré ni honoré, mais chassé, honni jusque par ceux qu’il avait servis.

Mais tu sais — nous en sommes sûrs — que dans la Bible, l’ami qui trahit n’est pas appelé stratège mais Judas Iscariot, prototype éternel de la félonie.

Et tu as dû te reconnaître dans Cain, ton portrait presque fidèle : celui qui tua son frère pour ne plus supporter la présence de celui dont l’existence révélait sa propre insuffisance. Tu agis comme lui, en tentant de supprimer non seulement l’homme que tu fus mais encore le témoignage de ce qui fut.

Tu as appris — puis oublié — que le Coran avertit que Dieu tient les traîtres en aversion. Il rappelle que la trahison est d’abord une cécité spirituelle : on croit gagner le monde alors qu’on perd la lumière qui permet d’y marcher.

Regarde l’histoire des pactes rompus : chaque fois, le châtiment ne vient pas seulement de l’extérieur mais de la corrosion intérieure. Celui qui livre son allié livre en réalité la part de lui-même qui croyait encore à quelque chose de plus grand que sa peur. 

Ton ambition ressemble étrangement à la peur. Peur de redevenir petit ? Peur de devoir revenir marcher derrière le gourou ? 

Crois-tu que tes nouveaux alliés t’honoreront ? Non. Ils te garderont comme on garde une clé volée : utile, mais toujours suspecte. Ils ne sont pas fous : celui qui a ouvert une porte interdite pour eux pourra en ouvrir une autre contre eux.

Tu ne seras jamais vraiment chez toi dans le palace que la traitraille batracienne t’aide à meubler. On te reléguera au fond des galeries, face à une immense glace : adulé tant que tu es utile, rejeté dès que tu cesses de servir. 

Souviens-toi : l’ennemi déclaré inspire la vigilance, on le combat.
Mais le traître, lui, inspire le dégoût, on s’en méfie sans fin. 

Le gourou que tu abandonnes perd un frère, un ami, peut-être un bras. Mais toi, tu perds ta colonne vertébrale. En violant la fidélité, tu te condamnes avec tous tes proches à l’errance.

Il n’est pas encore trop tard. Mais il existe un seuil au-delà duquel la trahison cesse d’être un acte pour devenir une nature. Passé ce point, tout est perdu : nul ne survit intact à la profanation de la confiance. Même la repentance sent la stratégie ; même la vérité attise la suspicion.

Car lorsque la loyauté se brise au cœur même de l’origine, le destin exige toujours un prix. La trahison n’achète ni paix ni avenir : crédibilité et honneur perdus, solitude gagnée, compagnie des consciences mortes…

Au cœur des révolutions, ces forges où se scelle le destin des peuples, le traître ne récolte ni pardon ni oubli, mais le lynchage des foules ou, pire encore, le mépris glacé figé pour l’histoire. 

mardi 10 mars 2026

LE GRAND REMPLACEMENT DES PANTINS...

Savoir mentir n’était pas donné à tout le monde. Cela exigeait une certaine disposition de l’âme à franchir sans trembler la barrière de la conscience. Mentir avec aplomb, soutenir le faux d’un regard tranquille et d’une voix ferme, ne pouvait avoir d’autre origine qu’une proximité suspecte avec Satan.

Les sages ne disent-ils pas d’ailleurs que le mensonge est la plus grande abomination pour le croyant, puisque la foi se retire de celui qui ment durant tout le temps où il ment ?

L’ouroboros avait-il vendu son âme au diable ? La question se posait, tant il apparaissait désormais comme un grand menteur et un corrupteur accompli. Ou bien Satan l’avait-il simplement — et fort opportunément — adoubé ? Car ses proies de prédilection ont toujours été les hommes affaiblis par la haine et minés par l’ingratitude.

Invoquer la chirurgie sacrée ne suffisait pas à acheter la maturité. Un garçon franchissait le seuil de la case, mais celui qui en ressortait n’était souvent qu’un être intermédiaire, un hybride encore incertain. Le couteau tranchait et dévoilait. Ou bien l’épreuve trempait l’âme et faisait naître un homme véritable, ou bien elle ne faisait qu’habiller l’immaturité d’un masque de candeur, laissant au monde un adulte d’apparence, ingénu et aisément manipulable.

Satan, lui, n’avait jamais digéré sa déconvenue face au gourou. Il s’était juré de prendre sa revanche. L’ouroboros semblait bien être son nouveau champion. Il avait appris des errements de sa progeniture avec le monstre sanguinaire. Il ne déléguerait plus sa puissance. Désormais l'ouroboros sera son joujou et à personne d'autre !

La nounou n'était pas prête à laisser son malin dulciné lui extorquer sa marionnette. Elle qui a tant donné tout ce temps pour se la réserver exclusivement à un dessein plus vaste. La crapauté avait tout intérêt a se calfeutrer dans la clandestinité...

Car quel dessein pouvait etre plus grand que celui de neutraliser le gourou dans le Gourouland ? 

Le gourou, le chouchou des vieux, jeunes, grands et petits gouroulandais restait imperturbable. Il savait avant que les gens n'y pensent, il agissait quand les autres en etaient aux combines. 

Au fond, rien n'avait vraiment changé, pour lui, sinon l'identité des pantins de son éternel adversaire Satan !

dimanche 8 mars 2026

TRAITRAILLE, TRAHISSEURS ET TRAITRES....

Qui voit une grenouille dans le repaire d'un serpent se posait forcement des questions. Car il fallait bien être grenouilles trés spéciales pour oser conférer avec un serpent. Ou bien alors avoir reçu de sérieuses garanties. Et si on arrivait à établir que la nounou était une charmeuse de serpent, une fakir qui a longtemps caché son jeu, alors on pouvait prier pour l'ouroboros ? 

Dans tous les cas, assister en direct à une telle assemblée avait quelque chose de saisissant. Regarder un serpent siffler, tousser, cracher et tortiller l'histoire, emmitouflé d'oripeaux de héros était pathétique. Parce que la traitrise était la chose la plus épouvantable qui soit, on concevait très bien que la vie d'un traitre le soit tout autant ! 

La traitrise exposait aux yeux l'avidité, ce que le traitre cherchait à camoufler par une une acrobatie verbeuse. Elle etait un épouvantable délitement moral mais surtout elle se rapportait proportionnellement au challenge de la legitimation morale et profane du comportement du traitre. 

Le traitre etait obligé d'etre un artiste pour pouvoir falsifier falsifier l'histoire. Il devait etre sans vergogne pour faire l'apologie du mensonge. Il devait etre sans honneur pour renier la vérité. 

La traitraille batracienne avait donc ouvert boutique. La crapauté avait toutefois soigneusement gardé en réserve ses troupes d'ubiquitaires. Et cela n'était pas pour déplaire à l'ouroboros qui donnait là une belle occasion à son peuple de vivre son pleurer-rire. Le Marechal Hannibal Bwakamabe Na SaKade, fils de Nagakaro, fils de Foulema ressuscitait au Gourouland !

Les gouroulandais allaient avoir l'exquise joie d'ovationner la belle gestuelle avec laquelle il maniait la queue de lion sous son aisselle. 

Mais il était à voir si dans cette histoire de traitrise, s'il n'était pas surtout, en sourdine, une question de détournement de mineur. La corruption rampait comme un poison invisible. Mais qui, donc, avait piraté le frêle cerveau de l'abominable garnement qui jouait avec les allumettes ? 

Les trahisseurs n'en voulaient pas seulement à l’or ou aux titres. Ils s’attaquaient aux principes, aux germes d’innocence. Chacun de leur sourire feint, chacun de leur mot enjolivé, chacun de leur mouvement calculé etait un piège, un fil tendu entre tragédie et comedie. 

Leurs chuchotements bien dosés et leurs murmures bien orientés, corrosifs à souhait, pouvaient faire vaciller les plus innocents.