dimanche 12 avril 2026

LE BOULEVERSEMENT MAJEUR...

Le droit ne valait plus grand-chose depuis la randonnée perfide de Teddy. Sa déculottée publique n’avait fait que confirmer le ressenti unanime de la perte progressive de la portée symbolique de la norme juridique. Elle cesse de devenir un repère collectif mais plutôt une arme circonstancielle. 

Ce n'est pas une nouveauté historique, loin de là.  Partout où l'ordre ancien a ete renversé, l'élément précurseur aura été une crise de légitimité du droit lui-même. Les textes subsistent sans garantir l’obéissance, la loi demeure formellement intacte mais perd sa force contraignante réelle. Dans l'esprit de Montesquieu, une chose n'est pas juste parce qu'elle est la loi, elle doit etre loi parce qu'elle est juste !

Ainsi, la deculottée de Teddy n’etait pas une simple déconvenue personnelle. Il fallait l'adapter a l'ambiance générale de désenchantement institutionnel où les intérêts particuliers piétinent la loi qui ne survit que par une convocation opportune sans vergogne ou par des interpretations alambiquées de sottes suffisance intellectuelles. 

Une révolution mondiale est en marche. Réelle ou fantasmée ?  Les signes d'un bouleversement majeur de l'équilibre du monde sont appercevables. Ils révèlent deja leurs « idiots utiles », ces figures involontaires ont la malheureuse mission d'amplifier les défauts du système pour disparaitre avec lui. Et prepararer son dépassement par la venue d'hommes qui conviennent à la nouvelle situation.

Teddy etait l’idiot utile, malgré lui, de cette révolution mondiale. Plus de paix ? Plus d'équité ? Un nouvel ordre indéfini ?

Le Gourouland s'offrait en exemple au monde. Les symboles se retournaient contre eux-mêmes, piégeant l'Ouroboros condamné à incarner la continuité d'un pouvoir pris dans ses propres contradictions mais animé par un furieux instinct de survie.

L'ouroboros s’etait ainsi engagé à vive allure sur le boulevard de la trahison. Était-il devenu traître ou l’avait-il toujours été ? Seul Judas, le plus grand traitre de Laf, figure archétypale de la trahison dans la mémoire gouroulandaise, aurait pu lui être d’un conseil avisé. Pour lui enseigner l’art de digérer la trahison. 

Il lui fallait désormais un nouveau mode de vie pour sa métamorphose complète, une nouvelle constellation d’alliés pour théoriser et formaliser sa trahison. Sa racaille batracienne laryngitique ne suffisait pas. Sa nounou psittacide, non plus !

La connaissance récente est elle assez exhaustive pour passer comme règle anthropologique ?      

Ce que l'on sait. Pour que le monstre s’impose, il lui avait fallu une vermine belliqueuse et kleptomane ; et pour que le gourou tienne, il lui fallut des fidèles inconditionnels. 

Mais la réalité est que la domination ne repose jamais sur la force brute. 

vendredi 10 avril 2026

LA CERTITUDE SACERDOTALE...

Pourquoi éprouvait-on tant de peine à concéder à Teddy sa victoire miragique ? Comme si reconnaître son triomphe revenait à admettre que nous avions été dupes, consentants, ou pire encore, complices silencieux de son ascension.

On aurait voulu se consoler, ne serait-ce que l’espace de quelques instants, en se disant que ce mal n’était pas propre au Gourouland seul, ni même à Alkebulan dans son ensemble. Que, sous d’autres latitudes, à travers d’autres peuples et d’autres drapeaux, des psychopathes parvenaient eux aussi à se faufiler à travers les filtres sociaux, à déjouer les garde-fous moraux, pour atteindre les sommets du pouvoir. 

Fallait-il alors laisser nos propres psychopathes digérer les leçons de cette « victoire » ? Rien n’autorisait à croire que les mêmes causes ne reproduiraient pas, inlassablement, les mêmes effets. L’histoire, obstinée, avait toujours eu le goût des répétitions tragiques.

Teddy avait semé le chaos, produit le désordre sans jamais éprouver la moindre responsabilité morale. Tout le monde s’était honteusement tu pour le regarder déchainé ses maîtres-chiens. 

À force d’observer ces dérives, on en venait à se demander si l’homme n’était pas, en effet, de trop sur la terre. L’harmonie semblait résider dans l’ordre naturel, dans cette mécanique silencieuse où chaque chose trouve sa place sans décret ni révolution. Dans cet univers, l’homme apparaissait comme l’élément perturbateur par excellence, un etre chroniquement insatisfait, toujours prêt à bouleverser le présent au nom d'un passé prétendument glorieux ou pour un avenir idéel.

Sa propension au changement, à la réforme, à la révision et même à la révolution n’était peut-être rien d’autre qu’une expression raffinée de sa fourberie déstabilisatrice. Une trace visible à travers l’histoire des faillites des organisations sociales, mais aussi dans l’échec répété de ses rêves utopiques en ce domaine.

La nature humaine semblait s’être solidifiée dans une fondation agressive et belliqueuse que les religions n’avaient toujours pas réussi à dompter. Non qu’elles n’aient pas essayé mais elles avaient aussi toujours trouvé sur leur chemin un adversaire opiniâtre. Satan. Depuis des temps immémoriaux, il s’opposait à toute tentative d’ordre moral. Il en avait fait le serment, juré dans une éternité dont nul ne pouvait mesurer l’étendue.

Et voilà qu’à présent, il avait publié les bans de son mariage avec la nounou de l’ouroboros. Une union qui, à elle seule, promettait des conséquences imprévisibles. L’ouroboros lui-même en avait-il été informé ? Comment réagirait-il ? 

Pour le moment, à l'entendre et en public, l'ouroboros ressemblait à un saint porteur de la bonne parole. Mais, en privé et derrière les portes capitonnées, il nouait des intrigues, défaisant méthodiquement la cause qui l'avait exhaussé.   

La démonnaille des quatre coins du monde ne cachait pas son enthousiasme. La célébration s’annonçait assez grandiose pour faire pâlir les festins du Valhala.

La crapauté, en revanche, considérait l’événement avec inquiétude. Son humeur était sombre, presque amère. Quel serait désormais son statut après le déclassement de son lutin ? 

Un gamin est toujours, d’une certaine manière, jaloux de sa mère. C’est une jalousie primitive, instinctive, qui naît du sentiment d’être dépossédé ; le sentiment qui avait causé jadis la perte de Satan lui-même. Ah, ce refus de partager l’attention, ce désir exclusif d’être seul au centre du regard !

Pendant ce temps, le gourou avait déjoué un guet-apens soigneusement tendu par Satan. Mais aux yeux du gourou, il n’existait pas de traîtres ordinaires. Il n’y avait que des traîtres à la cause alkebulanaise. Et cette cause, il la portait comme un étendard, avec la certitude sacerdotale de celui qui se sentait investi d’une mission irrévocable.

mardi 7 avril 2026

SANS VICTIMES COLLATERALES. ?

Satan en avait-il finalement assez de conter fleurette pendant tout ce temps à la nounou qui se refusait obstinément à lui ? Il ne lui laissait désormais plus le choix. Le mariage… ou alors, pas question pour elle de continuer à partager avec lui son joujou, l’ouroboros. C’était clair. Très clair.

La nounou avait longuement soupesé le pour et le contre. Lâcher son babyboss ? Pas question. Autant mourir !

Elle avait donc accepté, non par amour, mais par dépit. Pourtant, son amoureux démoniaque n’en avait pas encore fini avec ses exigences. Il lui fallait des gages, des preuves irréfutables de fidélité.

Encore ? Oui, encore ! 

Elle devait désormais participer de façon plus assumée à sa guerre contre le gourou, en mettant à sa disposition toute sa racaille batracienne y compris la traitraille ubiquitaire mais aussi le taureau noir. Et ce n’était pas tout : ses enfants invertis chéris devaient, eux aussi, recouvrer la liberté dare-dare.

Le tiraillement incessant entre Satan et la nounou avait déjà causé assez de dégâts dans la cervelle de l’ouroboros. Le pauvre était complètement perdu, comme s’il avait définitivement perdu le nord. Il n’avait plus aucune conscience de lui-même, encore moins celle d’être devenu le jouet d’un couple pervers. Judas, le plus grand traitre de l'ancien Laf pourrait lui etre d'une grande aide !

Devait-il agir à la manière du gourou, ou se laisser modeler à l’image du monstre ? Les bidasses l’avaient-ils seulement compris ? Pouvait-il encore espérer une quelconque affection auprès de la racaille et de la marmaille, intimidées par l’ombre pesante du gourou ? Ses satrapes ethnicistes feraient-ils le poids ? 

Mais, au fond, qu’était réellement ce rapport entre un rebelle et un traître ?

Pourquoi Satan tenait-il toujours à s’aguicher les traîtres pour constituer son armée de démons ? Était-ce par promesses, par flatteries, ou par cette connaissance intime qu’il avait des failles humaines ? Il devait y avoir un peu de tout ça.

Car il ne saurait y avoir d’effet sans cause. Et quoi de plus naturel, en définitive, que celui qui avait brisé la première fidélité s’entoure, à son tour, de loyautés fragiles ?

Les traîtres rassurent un chef déchu, mais ils ne le sécurisent jamais. Ils obéissent tant que souffle le vent de l’intérêt, puis se dispersent dès que l’orage menace. Une armée fidèle se bâtit sur la confiance tandis qu’une armée de traîtres ne tient que par la peur et l’illusion, ses atouts exclusifs.

C'était une gageure que le gourou puisse ferrailler dans cette foret d'avatars sans victimes collatérales !