mardi 7 avril 2026

SANS VICTIMES COLLATERALES. ?

Satan en avait-il finalement assez de conter fleurette pendant tout ce temps à la nounou qui se refusait obstinément à lui ? Il ne lui laissait désormais plus le choix. Le mariage… ou alors, pas question pour elle de continuer à partager avec lui son joujou, l’ouroboros. C’était clair. Très clair.

La nounou avait longuement soupesé le pour et le contre. Lâcher son babyboss ? Pas question. Autant mourir !

Elle avait donc accepté, non par amour, mais par dépit. Pourtant, son amoureux démoniaque n’en avait pas encore fini avec ses exigences. Il lui fallait des gages, des preuves irréfutables de fidélité.

Encore ? Oui, encore ! 

Elle devait désormais participer de façon plus assumée à sa guerre contre le gourou, en mettant à sa disposition toute sa racaille batracienne y compris la traitraille ubiquitaire mais aussi le taureau noir. Et ce n’était pas tout : ses enfants invertis chéris devaient, eux aussi, recouvrer la liberté dare-dare.

Le tiraillement incessant entre Satan et la nounou avait déjà causé assez de dégâts dans la cervelle de l’ouroboros. Le pauvre était complètement perdu, comme s’il avait définitivement perdu le nord. Il n’avait plus aucune conscience de lui-même, encore moins celle d’être devenu le jouet d’un couple pervers. Judas, le plus grand traitre de l'ancien Laf pourrait lui etre d'une grande aide !

Devait-il agir à la manière du gourou, ou se laisser modeler à l’image du monstre ? Les bidasses l’avaient-ils seulement compris ? Pouvait-il encore espérer une quelconque affection auprès de la racaille et de la marmaille, intimidées par l’ombre pesante du gourou ? Ses satrapes ethnicistes feraient-ils le poids ? 

Mais, au fond, qu’était réellement ce rapport entre un rebelle et un traître ?

Pourquoi Satan tenait-il toujours à s’aguicher les traîtres pour constituer son armée de démons ? Était-ce par promesses, par flatteries, ou par cette connaissance intime qu’il avait des failles humaines ? Il devait y avoir un peu de tout ça.

Car il ne saurait y avoir d’effet sans cause. Et quoi de plus naturel, en définitive, que celui qui avait brisé la première fidélité s’entoure, à son tour, de loyautés fragiles ?

Les traîtres rassurent un chef déchu, mais ils ne le sécurisent jamais. Ils obéissent tant que souffle le vent de l’intérêt, puis se dispersent dès que l’orage menace. Une armée fidèle se bâtit sur la confiance tandis qu’une armée de traîtres ne tient que par la peur et l’illusion, ses atouts exclusifs.

C'était une gageure que le gourou puisse ferrailler dans cette foret d'avatars sans victimes collatérales ! 

vendredi 3 avril 2026

A QUI PARLAIT L'OUROBOROS ?

Est ce la nounou qui avait bien fait son travail ou est ce que c'est Satan qui avait parfait son emprise sur son joujou ? 

L'un dans l'autre, cet avis apportait de l'eau au moulin de ceux qui avaient jeté aux orties le diagnostic du psychologue du regard. Etait-ce à dire, donc, que l'ouroboros était vraiment devenu fou ? 

En tous les cas, il parlait, personne n'écoutait ce qu'il disait et même ceux qui s'y contraignaient ne parvenait à l'entendre, non plus. Alors, etait-ce malveillant aux jababus de s'interroger quant à son audience cible ? 

L'ouroboros était devenu l'ombre de l'ancien fringant compagnon du gourou. Il avait vieilli avant l'âge par son esprit timoré, il était devenu un jeune gâteux au regard indécis, ou sans doute quelque chose de plus insidieux l'avait dévoré de l'intérieur. 

Et ce, au moment où, pourtant, jamais, il n'avait eu autant besoin de l'appui et du leadership de son proto. 

Si et seulement si, l'ouroboros n'était pas dans une stratégie d'outre tombe : renouveler ses lettres de créances auprès d'occultes  forces étrangères. Et leur redonner les mêmes gages de servilité que son prédécesseur, le monstre... 

Mais quelque soit l'auteur de cette transformation renversante que l'on observait chez l'ouroboros, il l'avait plongé dans le gouffre de la déchéance sociale. 

Enfin, autant qu'on pouvait le faire avec un homme assez bête pour croire aux serments d'allégeance prononcés dans les secrets d'alcôve par des fils de Satan déchus ! 

mardi 31 mars 2026

FUNAMBULISME COMPROMISSIONNEL...

Il n’était pas question, ici, d’épiloguer sur la misère humaine. Elle avait trop de visages, trop de rôles pour se laisser enfermer dans un seul discours.

Tenez l’amour ! Moteur proclamé de l’histoire, mais inséparable de son revers : la haine. Aimait-on comme on voulait être aimé ? Le pouvait-on seulement ? Tout semblait ramener à une même logique : un investissement affectif constant, tendu vers une seule fin, être aimé. Dès lors, le chagrin n’était plus une blessure, mais une faillite.

Mais la misère humaine s’exposait aussi, nue, dans la matière. Dans cette main tendue de l’indigent, écrasé par la précarité et l’impuissance de nourrir les siens ; non par seule fatalité, mais parce que d'aucuns avaient trop perçu et d’autres avaient beaucoup trop pris.

Elle se nichait encore dans l’orgueil, cette manie de vouloir briller au dessus de la mêlée ; dans l’envie, qui étrangement se délectait de la rivalité ; dans le conformisme qui déguisait l'hypocrisie en prudence. 

Et puis, il y avait la trahison. Chez l’ouroboros, elle naquit sans fracas : un frémissement, une distance, puis la défiance. L’insolence suivit, encouragée, jusqu’à devenir un funambulisme compromissionnel, où l’équilibre lui-même n’était déjà plus qu’un mensonge.

Le processus n’en devenait que plus machiavélique lorsqu’il était repris voire guidé par Satan. Pour lui, aucune ambiguïté : la traque de ses chers rejetons invertis relevait d’une attaque frontale du gourou. 

L’ouroboros avait présenté sa désolation au maudit diable, incapable quant à lui de comprendre comment la racaille et la marmaille avaient pu le trahir. Le drapeau blanc planté par sa nounou, au beau milieu de la mare, n'apaisait pas l'ouroboros, outre mesure. Il ne le concernait pas. Il n'était point dupe et savait devoir se preparer à de mauvais moments. Avec sa famille. 

Le garnement qui jouait avec les allumettes etait bien réveillé. Point de doute là-dessus !

La mare aux grenouilles était étrangement calme. La racaille batracienne, circonspecte, semblait pétrifiée par ce déferlement de trahisons, à croire qu’il s’agissait d’un concours. Le monstre criait à la trahison sur tous les toits. L’ouroboros se bouchait les oreilles pour endiguer le doute qui s'insinuait partout. Pris en étau, il ne savait plus s'il etait une victime ou un agent. Si seulement, il pouvait entendre la voix du vide sidéral lui murumurer : joujou de Satan !  

La nounou avait-elle conclu un armistice avec le terrible haillonneux qui frayait avec le sikori ? Était-ce là une manœuvre de sa part pour mieux ajuster le monstre, son mortel ennemi mais pourtant qu'un pacte liait avec son babyboss ?

Rien n’était plus sûr. Les lignes se brouillaient. Les alliances chancellaient. Satan ne se laissait pas faire.