mardi 5 mai 2026

LE MONDE DU MARCHE...

On etait en droit d'interpeller la conscience du monde par rapport a une des valeurs fondatrices de son humanisme. La solidarité. On assistait plutôt a sa galvaudation dans des élans de generosite qui mettaient plutôt en relation des groupes particuliers. Et meme, dans ce cas, il s'agit d'opérations ponctuelles, des aumônes, sans lendemain si non renouvelées à intervalles réguliers. 

La situation internationale marquée par un renchérissement draconien du cout de la vie dans le monde entier offrait un terrain d'analyse opportun. Le prix du baril flambait parce que l'un des protagonistes avait fait du pétrole un cheval de bataille. 

Mais loin du théâtre d'opérations, les autres nations productrices de l'or noir n'avait manifesté aucune solidarité, ni aucun élan généreux, envers leurs congeneres humains à l'échelle du globe.

Le marché était passé par la, régent suprême des relations humaines, monstre froid d'algorithmes matheux sans états d'âme. Il est, gros paradoxe, l'institution dont l'essor aura considérablement promu le progrès social de quelques uns,  en ruinant l'humanisme de tous...    

Le mal est profond car on s'est trop longtemps accommodé de la guerre, de l'esclavage, de la colonisation, de l'exploitation. Et pire, du développement et du sous développement  ! 

Deux mondes asymétriques, que tout persiste à opposer : l'opulence contre la précarité, la santé contre la maladie, le savoir contre l'ignorance, la haute technologie contre l'archaïsme. 

Au fond, notre monde ne semble se perpétuer toujours qu'à travers le renouvellement des moyens de pression et d'oppression du fort par rapport au faible. 

Qu'est ce monde ? Qui en bénéficiait ? Qui en héritera ? Mieux, quel avenir pour le monde dont les progrès matériels ne peuvent se mettre au service de sa solidarité morale ? 

On pouvait reconnaître un certain courage à l'ouroboros. Celui d'avoir osé faire son coming-out. On ne pouvait pas dire s'il l'avait réussi ou pas parce qu'on attendait la réponse du destinataire de cet acte d'allégeance qui ne disait pas son nom. 

Toujours est-il que cela était devenu le mot d'ordre chez la traitraille batracienne où les grenouilles rivalisaient dans un concours du coming-out le plus théâtral, le plus magistral !

Mais il était un fait que dans le gourouland, celui qui ne voulait pas la paix du gourou n'en connaitrait jamais sauf à songer la trouver auprès de Satan. Alors, on pouvait bien le dire, on était en présence de  coming-out satanistes.  

Seulement Satan était beaucoup plus imbu de sa personne, beaucoup plus exigeant par rapport à son ipséité. Adhérer à son parti passait par des rites profanatoires et des celebrations ténébreuses. 

Et d'ailleurs, la crapauté aurait du bien méditer sur les contorsions pitoyables de leur chef, l'ouroboros. N'y voyait-on pas des mimiques  pour capter l'attention sur son intérêt à la cause du diable ?

Avant sans doute d'officialiser son entreprise de ralliement durant la grande messe noire devinée par les oracles paiens. le taureau noir allait il etre immolé ? A quoi serviront les tripes d'ânes et les têtes de charognards ? 

Mais il fallait plus pour Satan. Pour autant que soient louables les transports de son joujou à devenir son suppôt, rien, absolument rien n'équivalait à la tête du gourou fichée sur un pieu de tungstène.  

Il est quand meme remarquable que le babyboss se rapprochait de Satan au moment meme où sa nounou s'en détachait...  

dimanche 3 mai 2026

LA SURVIE D'UNE SOCIETE...

Le traître et l’ingrat ne sont pas de simples figures à vouer aux gémonies. Dans toutes les civilisations, ils inquiètent davantage que l’ennemi déclaré. On les confond parce qu’ils marchent souvent ensemble, mais leurs ressorts diffèrent.

La trahison est une rupture : elle brise un lien vivant, renie un engagement dit ou implicite.  L’ingratitude, elle, relève de la mémoire : elle efface, elle nie le don reçu, elle vit comme si aucune dette symbolique n’avait existé. « Quand on boit l’eau du puits, on se souvient de celui qui l’a creusé. »

Le traître se pare volontiers de nécessité, d’équilibre ou d’intérêt supérieur. Il se croit lucide, arbitre du réel, et baptise exigence ce qui n’est qu’abandon. « Le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. »

L’ingrat, lui, réécrit le passé pour s’affranchir : là où le premier altère un acte, le second falsifie toute une histoire.

Le péril culmine quand les deux se confondent : rupture et effacement marchent alors d’un même pas. Celui qui rompt nie avoir jamais été lié ; le jugement se dissout, la faute devient introuvable.

L’Ouroboros, lui, tenait des deux. Traître sacré, ingrat consommé. Il ne jouait plus avec les allumettes : il avait déjà mis le feu. Pris d’un délire de grandeur, il s’imaginait rival des voix du peuple, alors qu’il n’en était que l’écho tardif. L’image qui demeurait était celle d’un homme acculé, mesurant — trop tard — la portée du gourou.

Invectives, mensonges, menaces : il s’en parait comme d’atours. En vain. « On peut farder le visage, pas la conscience. »Un traître doit être nommé, un ingrat reconnu pour tel : non par haine, mais pour que la cité garde la force de dire le vrai. 

Car toute société survit à ses traîtres et à ses ingrats si elle conserve ce pouvoir de nommer la faute. À défaut, elle s’égare et perd son âme.

La gourouland vacillait. L’Ouroboros avait oublié qu’il n’était  et ne serait jamais qu’un substitut. Or « qui oublie sa dette oublie aussi sa fidélité » : ne sachant plus ce qu’il doit, il ne sait plus à quoi tenir.

vendredi 1 mai 2026

FAIRE DURER LA TENSION....

La mafiosisation du monde n’était plus une dérive : elle était devenue un réflexe, presque un instinct de gouvernement. 

Partout, les dépositaires du pouvoir, sitôt investis, semblent obéir à une même grammaire : verrouiller, capter, distribuer — non pas selon le mérite, mais selon l’allégeance et la proximité biologique. Ils n'étaient pas tant des stratèges que des gestionnaires de rentes, hantés par la conservation du pouvoir au point d’en perdre raison, honneur et dignité. La récurrence d'un tel  comportement interpellait les experts en biologie computationnelle.  

En Alkebulan, cette logique atteignait une cruauté inédite : l’État etait ravalé au rang de caisse, le pouvoir une clé, une clé servant à ouvrir les coffres pour les mêmes mains. L’exemple gouroulandais en fut la caricature la plus nette : l’ouroboros n’y improvisait rien, il y déroulait une partition déjà écrite ailleurs et/ou avant lui.

Il marchait avec une précision clinique d'un funambule compromissionnel. Cet art dangereux de tenir sans résoudre, de savoir sans agir, de voir sans réagir, de porter sans céder le poids simultané du fait et de son contraire. Mais il ne marchait ni pour relier ni pour trancher sinon pour maintenir vivante la fracture. Car c’est dans cette zone opaque, cette épaisseur vaseuse, qu'il pouvait camoufler sa sombre nature d'idiot ingrat. Là où d’autres criaient à l’égarement, lui scandait la réconciliation ; là où il fallait décider, il installait l’équivoque.

On conçoit parfaitement que la vie humaine tende vers une forme de perfection mais la nature ne se perfectionne qu’en développant ses caractères majeurs. Que l’ouroboros ne soit tendu donc que vers l’élimination du gourou ne devrait point étonner. Et en jetant son grappin sur lui, Satan ne faisait que confirmer son redoutable flair dans l’identification des traîtres.

Le moment n’était pas encore venu de choisir entre dialectique et complémentarité. Encore moins d'osmose. L’obscurité n’est-elle pas, selon l’angle, à la fois absence et saturation de couleurs ? L’ombre n’est pas le contraire de la lumière : l’une produit, l’autre révèle. Ensemble, elles se définissent et donnent forme au visible par leur tension.

Pendant ce temps, l’ouroboros empilait racaille, vermine et fripouilles aux côtés de sa traîtraille ubiquitaire, dressant les rangs d'une armée à éliminer le gourou. Le commandement en serait confié au Grand Animal, rappelé pour ses offices macabres, domaine où il excellait sans partage, épaulé par le Gros Cafard. Mais où se terrait donc le chef assassin ?

La nounou avait-elle fait du bon travail ? Pas si sûr, en tout cas, qu'elle fasse encore l'affaire...