On savait qu’il n’y avait pas de code d’honneur chez les monstres. Mais ce que l’on apprenait de nouveau, c’est que cette maudite engeance pouvait renaître, comme un feu qui s’éteint et se rallume. Ce n’était ni une conclusion hâtive, ni un simple pressentiment : c’était une certitude instinctive, lourde, presque prophétique. Car il n’est de pire utopie que de juger l’existant à l’aune de ce qui n’existe pas encore.
Il fallait se rendre à l’évidence. Nos ancêtres avaient raison : l’habitude est comme un poil, on la rase, elle repousse. Ainsi en allait-il de la marmaille, résipiscente en apparence, fourbe dans le fond, qui revenait au mensonge et à la manigance avec une constance effrayante. Elle se rangeait du côté de la racaille, dont le « top management » avait su ridiculiser son propre sinistre avec une audace déconcertante.
La jonction entre marmaille et racaille, désormais assumée et clairement affichée, formait une force binaire redoutable, capable de tenir tête aux hordes les plus démoniaques. Cette réussite, éclatante et terrifiante, était l’œuvre de la nounou, qui avait obtenu leur ralliement et l’offrait à l’ouroboros comme un tribut.