vendredi 10 avril 2026

LA CERTITUDE SACERDOTALE...

Pourquoi éprouvait-on tant de peine à concéder à Teddy sa victoire miragique ? Comme si reconnaître son triomphe revenait à admettre que nous avions été dupes, consentants, ou pire encore, complices silencieux de son ascension.

On aurait voulu se consoler, ne serait-ce que l’espace de quelques instants, en se disant que ce mal n’était pas propre au Gourouland seul, ni même à Alkebulan dans son ensemble. Que, sous d’autres latitudes, à travers d’autres peuples et d’autres drapeaux, des psychopathes parvenaient eux aussi à se faufiler à travers les filtres sociaux, à déjouer les garde-fous moraux, pour atteindre les sommets du pouvoir. 

Fallait-il alors laisser nos propres psychopathes digérer les leçons de cette « victoire » ? Rien n’autorisait à croire que les mêmes causes ne reproduiraient pas, inlassablement, les mêmes effets. L’histoire, obstinée, avait toujours eu le goût des répétitions tragiques.

Teddy avait semé le chaos, produit le désordre sans jamais éprouver la moindre responsabilité morale. Tout le monde s’était honteusement tu pour le regarder déchainé ses maîtres-chiens. 

À force d’observer ces dérives, on en venait à se demander si l’homme n’était pas, en effet, de trop sur la terre. L’harmonie semblait résider dans l’ordre naturel, dans cette mécanique silencieuse où chaque chose trouve sa place sans décret ni révolution. Dans cet univers, l’homme apparaissait comme l’élément perturbateur par excellence, un etre chroniquement insatisfait, toujours prêt à bouleverser le présent au nom d'un passé prétendument glorieux ou pour un avenir idéel.

Sa propension au changement, à la réforme, à la révision et même à la révolution n’était peut-être rien d’autre qu’une expression raffinée de sa fourberie déstabilisatrice. Une trace visible à travers l’histoire des faillites des organisations sociales, mais aussi dans l’échec répété de ses rêves utopiques en ce domaine.

La nature humaine semblait s’être solidifiée dans une fondation agressive et belliqueuse que les religions n’avaient toujours pas réussi à dompter. Non qu’elles n’aient pas essayé mais elles avaient aussi toujours trouvé sur leur chemin un adversaire opiniâtre. Satan. Depuis des temps immémoriaux, il s’opposait à toute tentative d’ordre moral. Il en avait fait le serment, juré dans une éternité dont nul ne pouvait mesurer l’étendue.

Et voilà qu’à présent, il avait publié les bans de son mariage avec la nounou de l’ouroboros. Une union qui, à elle seule, promettait des conséquences imprévisibles. L’ouroboros lui-même en avait-il été informé ? Comment réagirait-il ? 

Pour le moment, à l'entendre et en public, l'ouroboros ressemblait à un saint porteur de la bonne parole. Mais, en privé et derrière les portes capitonnées, il nouait des intrigues, défaisant méthodiquement la cause qui l'avait exhaussé.   

La démonnaille des quatre coins du monde ne cachait pas son enthousiasme. La célébration s’annonçait assez grandiose pour faire pâlir les festins du Valhala.

La crapauté, en revanche, considérait l’événement avec inquiétude. Son humeur était sombre, presque amère. Quel serait désormais son statut après le déclassement de son lutin ? 

Un gamin est toujours, d’une certaine manière, jaloux de sa mère. C’est une jalousie primitive, instinctive, qui naît du sentiment d’être dépossédé ; le sentiment qui avait causé jadis la perte de Satan lui-même. Ah, ce refus de partager l’attention, ce désir exclusif d’être seul au centre du regard !

Pendant ce temps, le gourou avait déjoué un guet-apens soigneusement tendu par Satan. Mais aux yeux du gourou, il n’existait pas de traîtres ordinaires. Il n’y avait que des traîtres à la cause alkebulanaise. Et cette cause, il la portait comme un étendard, avec la certitude sacerdotale de celui qui se sentait investi d’une mission irrévocable.

mardi 7 avril 2026

SANS VICTIMES COLLATERALES. ?

Satan en avait-il finalement assez de conter fleurette pendant tout ce temps à la nounou qui se refusait obstinément à lui ? Il ne lui laissait désormais plus le choix. Le mariage… ou alors, pas question pour elle de continuer à partager avec lui son joujou, l’ouroboros. C’était clair. Très clair.

La nounou avait longuement soupesé le pour et le contre. Lâcher son babyboss ? Pas question. Autant mourir !

Elle avait donc accepté, non par amour, mais par dépit. Pourtant, son amoureux démoniaque n’en avait pas encore fini avec ses exigences. Il lui fallait des gages, des preuves irréfutables de fidélité.

Encore ? Oui, encore ! 

Elle devait désormais participer de façon plus assumée à sa guerre contre le gourou, en mettant à sa disposition toute sa racaille batracienne y compris la traitraille ubiquitaire mais aussi le taureau noir. Et ce n’était pas tout : ses enfants invertis chéris devaient, eux aussi, recouvrer la liberté dare-dare.

Le tiraillement incessant entre Satan et la nounou avait déjà causé assez de dégâts dans la cervelle de l’ouroboros. Le pauvre était complètement perdu, comme s’il avait définitivement perdu le nord. Il n’avait plus aucune conscience de lui-même, encore moins celle d’être devenu le jouet d’un couple pervers. Judas, le plus grand traitre de l'ancien Laf pourrait lui etre d'une grande aide !

Devait-il agir à la manière du gourou, ou se laisser modeler à l’image du monstre ? Les bidasses l’avaient-ils seulement compris ? Pouvait-il encore espérer une quelconque affection auprès de la racaille et de la marmaille, intimidées par l’ombre pesante du gourou ? Ses satrapes ethnicistes feraient-ils le poids ? 

Mais, au fond, qu’était réellement ce rapport entre un rebelle et un traître ?

Pourquoi Satan tenait-il toujours à s’aguicher les traîtres pour constituer son armée de démons ? Était-ce par promesses, par flatteries, ou par cette connaissance intime qu’il avait des failles humaines ? Il devait y avoir un peu de tout ça.

Car il ne saurait y avoir d’effet sans cause. Et quoi de plus naturel, en définitive, que celui qui avait brisé la première fidélité s’entoure, à son tour, de loyautés fragiles ?

Les traîtres rassurent un chef déchu, mais ils ne le sécurisent jamais. Ils obéissent tant que souffle le vent de l’intérêt, puis se dispersent dès que l’orage menace. Une armée fidèle se bâtit sur la confiance tandis qu’une armée de traîtres ne tient que par la peur et l’illusion, ses atouts exclusifs.

C'était une gageure que le gourou puisse ferrailler dans cette foret d'avatars sans victimes collatérales ! 

vendredi 3 avril 2026

A QUI PARLAIT L'OUROBOROS ?

Est ce la nounou qui avait bien fait son travail ou est ce que c'est Satan qui avait parfait son emprise sur son joujou ? 

L'un dans l'autre, cet avis apportait de l'eau au moulin de ceux qui avaient jeté aux orties le diagnostic du psychologue du regard. Etait-ce à dire, donc, que l'ouroboros était vraiment devenu fou ? 

En tous les cas, il parlait, personne n'écoutait ce qu'il disait et même ceux qui s'y contraignaient ne parvenait à l'entendre, non plus. Alors, etait-ce malveillant aux jababus de s'interroger quant à son audience cible ? 

L'ouroboros était devenu l'ombre de l'ancien fringant compagnon du gourou. Il avait vieilli avant l'âge par son esprit timoré, il était devenu un jeune gâteux au regard indécis, ou sans doute quelque chose de plus insidieux l'avait dévoré de l'intérieur. 

Et ce, au moment où, pourtant, jamais, il n'avait eu autant besoin de l'appui et du leadership de son proto. 

Si et seulement si, l'ouroboros n'était pas dans une stratégie d'outre tombe : renouveler ses lettres de créances auprès d'occultes  forces étrangères. Et leur redonner les mêmes gages de servilité que son prédécesseur, le monstre... 

Mais quelque soit l'auteur de cette transformation renversante que l'on observait chez l'ouroboros, il l'avait plongé dans le gouffre de la déchéance sociale. 

Enfin, autant qu'on pouvait le faire avec un homme assez bête pour croire aux serments d'allégeance prononcés dans les secrets d'alcôve par des fils de Satan déchus !