mardi 20 octobre 2026

LE PLAN SANS NOM...

On attendait désormais plus de la technologie que de nos semblables. Ne devons nous pas nous en inquiéter ?

L'intelligence artificielle semblait accomplir une prophétie : le dialogue entre l'homme et la machine parait parfois plus fluide, plus paisible et civilisé que les interactions humaines. 

Là où l'humain se heurte aux barrières de l'ego, de la culture et d l'éducation, la machine offre une écoute simple qui abolit ces frontières.

Par sa courtoisie constante, cet échange virtuel surpasse souvent en qualité nos conversations réelles. De plus ces technologies sont désormais configurées pour exécuter des taches purement humaines et combler nos besoins les plus intimes. 

En démocratisant le savoir, en matérialisant le savoir, en matérialisant l'imaginaire et en réduisant le temps, la machine ouvre un champ de possibles infini. 

L'humanité aurait-elle inconsciemment programmé son propre remplacement au nom de ce rêve insaisissable de l'âge d'or ? 

Au Gourouland, ce débat de société n'avait aucune chance de prospérer. Comme toujours, le Corbeau, sa racaille batracienne mutante et son skulk de renards semblaient obnubilés par l'élimination du gourou. Lequel sans forcer, en silence ou par un effet de manche, les tirait tristement par leur bout de nez.      

Le corbeau était-il le plus à plaindre dans cette liste d'obsédés ? N'avait-il pas changé de père et adopté un Pittbull en vain ?  

Il comblait son incompétence flagrante par une méchanceté grossière vis a vis du peuple. Il masquait son impopularité grandissante par un relatif éloignement du terrain, à cause d'une susceptibilité hautaine d'un ego démesuré. 

Bref, son silence mesurait toute son incapacité, son inaptitude à la fonction.  

Tenez, en ce moment, pour calmer sa honte, il était entrain d'engueuler le même pittbull au bord de l'apoplexie. Ce dernier s'était vu opposer une fin de non recevoir de la part du jadis flamboyant grand animal. 

Le grand animal avait refusé de se faire avoir à nouveau pour décliner catégoriquement son offre de remise en service avec son régiment de dogues qu'il avait très bien dresses à tuer des haillonneux. 

Cette dernière démarche de la part du Pittbull marquait un glissement déterminant au niveau du plan d'assassinat du gourou.

Mais la racaille sataniste n'était pas encore au bout de ses peines. Elle n'était pas toujours parvenue à donner un nom à son plan macabre. Un plan anonyme est un plan qui cherche son pigeon. 

mardi 13 octobre 2026

L'ULTIME INVESTISSEMENT POLITIQUE....

La bas, la bataille mortelle que le sikori blanc avait engagée contre le monstre tirait à son epilogue. Le Monstre était sidéré par ce peu d'empathie agissante et l'absence de ce soutien ferme espéré de ses Tontons.  

Le Corbeau etait, lui, aux anges. Il allait enfin pouvoir profiter à outrance de son nouveau papa. Tuer le gourou pouvait attendre et certainement serait plus facile avec l'expertise paternelle. Il avait discrètement instruit à son grand valet, ce vieux démon qui regrettait déjà amèrement son coming out satanien, d'organiser un accueil royal de son illustre parent dont le retour au pays natal ne faisait l'ombre d'aucun doute.  

La Nounou se cachait pour jubiler de la déconvenue du monstre son ancien copain mais non sans envisager avec circonspection, en tant que vielle démone rompue aux subtilités de la cour satanique, ce retour de son rival parental au féroce opportunisme auprès de leur corbelet. Elle estimait n'avoir pas fini l'éducation de son babyboss et redoutait de perdre son emprise maternelle et perdre ainsi le pouvoir de lui chanter des comptines du pouvoir sans partage et le privilège de lui border les ailes. 

La traitraille piaffait d'impatience. Elle priait pour qu'arrive, enfin, le jour où le Corbeau sonnerait le hallali contre le Gourou. La racaille batracienne mutante s'etait, en effet, considérablement élargie. A la fourberie batarde de Condoreau, le prototerroriste, s'ajoutait la sordidité maléfique du larbin noir au coeur plus noir que le charbon ; à la sauvagerie canine du Grand Animal s'ajoutaient désormais les prouesses diaboliques de Cerbere.

Cette agitation cacophonique dans la mare aux grenouilles avait la vertu de retourner les regards sur les frétillements en meme temps qu'elle couvrait le bruit des serrures que l'on forçait et les alliances que l'on gravait sur des ardoises d'acier. La Satanie, section du Gououland, était à la veille d'un bouleversement majeur. 

L'Etat-Major de la Traitraille avait bien engage sa jonction avec les identités remarquables du Système Réactionnaire Satanique. Les discussions sur les répartitions des responsabilités étaient d'autant plus enflammées que les traitres en chef avaient eu la surprise de leur vie en découvrant parmi les négociateurs Hades, le fis déchu de Satan, en tant que missi dominici du Monstre !

Aussi, les presumées retrouvailles attendrissantes entre Papa Monstre et Fiston Corbeau cachaient elles une ineffable recomposition des forces sataniques !

Le monstre ne reviendrait pas pour les beaux yeux de son corbelet, bien entendu ! Il y serait contraint par les circonstances pour sauver sa caisse à ketchup. Il reviendrait en horloger, remonterait le passé  pour s'assurer définitivement que les soldes de ses anciens comptes ne puissent plus compromettre ses vieux jours. L'affection pour le corbelet n'était, au demeurant, que son ultime investissement politique. Il misait gros sur l'immaturité du corbelet qui dans son bonheur de bébé adopté ne semblait guère s'interroger sur le prix de cette affection tardive.

Le Monstre avait chargé son fidèle parmi le plus fidèles, Hades, le fils déchu de Satan, de dérouler le plan. Le poste de chef de la Satanie ne saurait lui échapper. Le trophée mis en jeu par Satan était suffisamment alléchant. Et son expérience contre le gourou était intacte, sa rancune toujours aussi vive et son engagement beaucoup plus ferme cette fois-ci !   

Le plus dangereux des protagonistes d'une bataille etait non pas celui qui l'annonçait encore moins qui ferraillait mais bel et bien celui qui en préparait le partage. 

La question qui demeure. Comment promettre une renaissance en ressuscitant les vieux démons ?       

dimanche 4 octobre 2026

L'IDYLLE ENTRE TALIBE ET MARABOUT...

L’ampleur de la désolation des vieux démons et des vieilles démones de l’entourage du Corbeau était devenue insondable et n’en finissait plus de s’étendre. La Nounou, plus maléfique que tous, avait choisi de se réadapter à la nouvelle donne. Après tout, chacun, Corbeau compris, avait autant besoin d’un père que d’une mère. Pourquoi donc, elle, la cheffe attitrée de la traitraille, se ferait-elle fait du mauvais sang ? 

Le rôle que le Monstre allait désormais jouer dans la traitraille était cependant au cœur de toutes les tourmentes de la racaille batracienne mutante. La disponibilité filiale du Corbeau à son égard qui frisait à présent la dévotion d’un talibé devant son marabout était le sujet des conversations chuchotees dans la mare aux grenouilles. Oui, qu'était venu chercher le Monstre ? Certainement pas pour faire de la figuration, encore moins pour jouer au Sugar Daddy.

Quand bien meme, il était certain que Tonton avait transmis l’appel à l’aide d’un Corbeau désemparé au Monstre, il etait encore à se demander les règles motivations qui avaient poussé ce dernier à entreprendre ce travail d’approche particulièrement efficace : 

- un discret délit d’initié ?

- l’antique vengeance qui le taraudait contre le Gourou ?

- ce vieux trafic d’influence dont les hommes de pouvoir ont fait un art aussi ancien que la politique elle-même ? 

Anyhow, le Corbeau, traitre isolé par la honte et la peur, avait, selon toute vraisemblance, trouvé auprès du Monstre un havre de paix. Mais aussi une occasion de briser les barreaux de la prison qu’il s’était lui-même bâtie avec l’aide de la racaille batracienne mutante, laquelle entrait en convulsions à la seule évocation du Gourou.

Il ne recherchait pourtant pas la compagnie de son nouveau père uniquement pour se protéger des feulements des Haillonneux. Il voulait également échapper aux reproches condescendants de Tonton, celui-là même qui lui avait naguère soufflé, mot pour mot, avec l’assurance tranquille du pere de tant de ses predecesseurs alkebulanais, les instructions venues de l’Assemblée générale de la Satanie. 

Le Corbeau les avait appliquées avec zèle. Seulement voilà, les résultats étaient calamiteux. 

Il avait beaucoup dépensé pour la traitraille, celle-ci était ridiculisée chaque fois qu’elle tentait de sortir la tête de l’eau. 

Il avait enrôlé des Judas : ils peinaient à convaincre de leur bonne foi. 

Il avait domestiqué les grandes gueules : elles avaient fini par convaincre tout le monde de leur corruption. 

Il avait voulu fabriquer des ennemis au Gourou ; il n’avait réussi qu’à fabriquer des caricatures de lui-même.

À ce stade, la traitraille ressemblait moins à une armée qu’à un chœur tragique, gesticulant autour d'un traitre désespéré fuyant son passé alors que l'avenir était plus inquiétant. La catastrophe, les élections, approchait ! 

Il avait toujours le choix, certes, tant qu'il tenant avec autant de haine a venir à bout de son ancien pere, le gourou devenu son mortel ennemi mais toutes les options convergeaient au même résultat. Effacer le passé ou défaire l'avenir ?

Le Gourou devait donc disparaître, n'importe comment. 

Et, en fait, il ne restait donc plus qu’une solution. La seule. L’unique. Celle que Satan, le maléfique visionnaire, le premier à avoir percé son fond mauvais avant tous les autres,           lui avait depuis longtemps imposée comme condition suprême. 

Tuer le Gourou !