Une, deux, trois… Voilà neuf années que tu es partie là-haut.
Neuf longues années se sont écoulées depuis que, sans prévenir, tu es partie là haut !
Ce jour-là, le temps s'est comme arrêté. Tu es devenue une absence que les années n'ont jamais réussi à apprivoiser.
Ici-bas, pourtant, nous avons refusé de te laisser nous quitter. Nous t'avons cherchée, refusant que ton souvenir s'effacet.
Ainsi t'avons nous retrouvée partout.
Nous te retrouvons dans la gaite de tout enfant, dans la tendresse espiègle de Madona, dans la rondeur du visage de Penda, dans les yeux de Marfa.
Nous te retrouvons aussi dans l'interrogation muette de Mohamed, dans le silence renfermé de Papi et dans les souvenirs que Myriam ravive avec une infinie pudeur.
Et nous te retrouvons, plus douloureusement encore, dans cette tristesse qui a colonisé nos regards, une tristesse que neuf années n'ont ni effacée ni consolée.
Ton absence habite avec nous. Elle est cette chambre que l'on imagine encore occupée dans nos pensées, cette voix que l'on croit entendre dans l'éclat de voix d'un enfant, ce rire qui résonne encore dans nos mémoires.
Nous t'imaginons heureuse, libre de toute souffrance, dans un jardin où ne pénètrent ni les larmes, ni la peur, ni la séparation. Aux bons soins de notre pere le prophète Ibrahim (paix sur lui).
Cette pensée apaise notre chagrin .
Nous t'imaginons parmi ces âmes pures qui glorifient leur Seigneur, baignées d'une lumière que nos yeux d'ici-bas ne peuvent contempler.
Nous ne nous inquiétons pas pour toi. Nous te regrettons seulement.
Nous ressentons le poids de ton absence. Mais nous savons aussi que tu ne manques de rien auprès de Celui qui est le Plus Généreux des hôtes !
Nous ne t'avons pas perdue, vois-tu. Tu vis dans la force des amours qui donnent un sens à nos existences. Tu vis dans nos prières, dans nos souvenirs, dans nos silences, dans chacune de nos joies et jusque dans nos peines. Tu es devenue cette présence invisible qui accompagne chacun de nos pas.
Pourquoi d'ailleurs te raconter tout cela, puisque nous savons que tu es si proche de nous ? Par la permission d'Allah, tu connais sans doute mieux que nous la valeur d'une larme, d'une invocation et d'un amour qui ne s'est jamais éteint.
Neuf années ont passé, chacune d'elles ponctuée par ton absence.
Neuf années à apprendre qu'aimer quelqu'un, c'est parfois continuer à lui parler en son absence, continuer à l'attendre sans impatience, continuer à prononcer son nom avec la même tendresse que lorsqu'il résonnait encore parmi nous.
Mais notre espérance est plus forte que notre douleur. Notre fidélité à ton souvenir est le secret espoir de notre future rencontre inéluctable, l'attente de la joie ineffable de te retrouver dans un monde parfait, réunis dans l'eternité.
Car, par la grâce d'Allah, les séparations d'ici-bas ne sont jamais éternelles.