mardi 31 mars 2026

FUNAMBULISME COMPROMISSIONNEL...

Il n’était pas question, ici, d’épiloguer sur la misère humaine. Elle avait trop de visages, trop de rôles pour se laisser enfermer dans un seul discours.

Tenez l’amour ! Moteur proclamé de l’histoire, mais inséparable de son revers : la haine. Aimait-on comme on voulait être aimé ? Le pouvait-on seulement ? Tout semblait ramener à une même logique : un investissement affectif constant, tendu vers une seule fin, être aimé. Dès lors, le chagrin n’était plus une blessure, mais une faillite.

Mais la misère humaine s’exposait aussi, nue, dans la matière. Dans cette main tendue de l’indigent, écrasé par la précarité et l’impuissance de nourrir les siens ; non par seule fatalité, mais parce que d'aucuns avaient trop perçu et d’autres avaient beaucoup trop pris.

Elle se nichait encore dans l’orgueil, cette manie de vouloir briller au dessus de la mêlée ; dans l’envie, qui étrangement se délectait de la rivalité ; dans le conformisme qui déguisait l'hypocrisie en prudence. 

Et puis, il y avait la trahison. Chez l’ouroboros, elle naquit sans fracas : un frémissement, une distance, puis la défiance. L’insolence suivit, encouragée, jusqu’à devenir un funambulisme compromissionnel, où l’équilibre lui-même n’était déjà plus qu’un mensonge.

Le processus n’en devenait que plus machiavélique lorsqu’il était repris voire guidé par Satan. Pour lui, aucune ambiguïté : la traque de ses chers rejetons invertis relevait d’une attaque frontale du gourou. 

L’ouroboros avait présenté sa désolation au maudit diable, incapable quant à lui de comprendre comment la racaille et la marmaille avaient pu le trahir. Le drapeau blanc planté par sa nounou, au beau milieu de la mare, n'apaisait pas l'ouroboros, outre mesure. Il ne le concernait pas. Il n'était point dupe et savait devoir se preparer à de mauvais moments. Avec sa famille. 

Le garnement qui jouait avec les allumettes etait bien réveillé. Point de doute là-dessus !

La mare aux grenouilles était étrangement calme. La racaille batracienne, circonspecte, semblait pétrifiée par ce déferlement de trahisons, à croire qu’il s’agissait d’un concours. Le monstre criait à la trahison sur tous les toits. L’ouroboros se bouchait les oreilles pour endiguer le doute qui s'insinuait partout. Pris en étau, il ne savait plus s'il etait une victime ou un agent. Si seulement, il pouvait entendre la voix du vide sidéral lui murumurer : joujou de Satan !  

La nounou avait-elle conclu un armistice avec le terrible haillonneux qui frayait avec le sikori ? Était-ce là une manœuvre de sa part pour mieux ajuster le monstre, son mortel ennemi mais pourtant qu'un pacte liait avec son babyboss ?

Rien n’était plus sûr. Les lignes se brouillaient. Les alliances chancellaient. Satan ne se laissait pas faire. 

lundi 23 mars 2026

LE VIGILE SPECIAL...

Encore une fois, il était permis de proclamer toujours avec cette obstination mêlée d’espérance que le monde ne devrait plus être le même. Une civilisation naît de la solidarité, prospère grâce à elle, puis meurt lorsque s’épuise son énergie interne. Pourtant, cette théorie d’Ibn Khaldoun n’opérait pas toujours. 

Teddy devra désormais creer un nouveau logiciel de traitement des héritiers des civilisations antiques comme l'empereur rouge, comme les enturbannés et Soso dans une moindre mesure. Ces héritiers pliaient un instant mais ne rompaient jamais, à l'image d'un contenu qui épousait les formes de son contenant.  

Mais qu’on remplace le terme de « civilisation » par n’importe quelle autre entité, n’importe quel concept et la mécanique semble implacable.

Pouvait-on pousser un soupir de soulagement ? L’ouroboros n’était pas fou. A priori, aucune pathologie neurodégénérative ne pouvait être invoquée pour expliquer sa lubie révisionniste, ni aucune anomalie de son système cognitif. 

Pour autant, si repêcher les coupables revenait à léser les victimes - et restait une injustice -, sa vraie origine se révélait déroutante. Le psychologue du regard avait diagnostiqué pire : un état de transe. Le sujet végétait loin, très loin, aux confins de l’esprit et du cœur, de la raison et de la foi, dans une sorte de vide absolu.

Mais qu’à cela ne tienne. La nounou lui avait glissé un jeu d’échecs, dont il s’était aussitôt, gloutonnement, entiché. Aurait-elle, elle, besoin de s’éloigner du Gourouland pour apaiser ses pulsions meurtrières dirigées contre le terrible haillonneux, celui qui tenait toute la traitraille batracienne en respect ?

Le gourou, lui, en était convaincu : ce ne sont pas les ennemis qui renversent les dépositaires de la volonté populaire, mais les coussins sur lesquels ils finissent par s’allonger. Il s’était donc fait vigile, rôle ingrat mais essentiel, le premier rempart contre le désordre charrié par une sinistre réplication de monstres. 

Il etait un vigile d’un genre particulier tout de meme, auréolé du prestige de faiseur de rois et nourri par la gloire d'une présence incorruptible qui dérange.  

vendredi 20 mars 2026

LA DIRECTION DU MOLLASSON...

Un seul haillonneux tenait en respect toute la traîtraille batracienne. Et comment ! Il fallait s’y résoudre : la vérité ne l’emporte parfois qu’à la condition qu'elle ose être plus bête que le mensonge.

Il en fallait encore peu pour que la nourrice en perde ses entrailles. Aucun, ni aucune, parmi cette flopée de grenouilles ne lui était d’une quelconque utilité face à ce redoutable haillonneux qui furetait jusque dans ses profondeurs.

Elle en était réduite à la honte devant tant d'impuissance. Pire, pour une fois, elle ne parvenait pas à déchiffrer le regard torve de son babyboss. Or le regard est un langage sans mots ; encore faut-il ne pas en faire une mauvaise traduction de soi-même. Elle avait plutôt grand besoin d’un psychologue du regard. Et vite. Avec ce garnement ludopathe qui misait tout tant et tellement sur ce regard halluciné !

Satan était passé à l’action.

L’ouroboros croyait recruter ; pauvre cheval de Troie, il nourrissait en réalité Satan de toute la faune amorale de Gourouland — et même au-delà.
Il pensait séduire par son aplomb de top model ; mais c’était Satan qui, patiemment, disposait ses pièges autour de lui, densifiant les rangs des grenouilles.

Et ce que Satan donne d’une main, il le reprend de l’autre. Une forme d’équilibre — version diabolique — qui consiste à dépouiller peu à peu, à le déshabiller, couche après couche, des habits de respectabilité dont le gourou l’avait affublé.

De l’intérieur, il élevait l’ouroboros mais pour mieux appâter le gibier. Et à l’extérieur, il exposait sa fatuité grandiloquente, vidée de toute consistance.

Il ne s’agissait plus pour Satan de reproduire le modèle du monstre qui, un jour, avait brisé ses entraves. Satan entendait y veiller lui-même, sans l’aide d’aucun démonneau ni diablotin. Son cheval de Troie ne lui était utile qu’à l’intérieur de Gourouland. 

Dès lors, fallait-il voir dans la chiquenaude du grand Maure et de ses valets pervers une ruse du diable ?

Comment réagirait le garnement ludopathe face à cet affront ? Comment éviterait-il de devenir la risée du monde ?

Mais si Satan tenait tant à ce combat contre le gourou, pourquoi n’en fixait-il pas la date ?
Attendait-il le redéploiement de quelques troupes encore mobilisées à l’extrême nord ou au proche est ?

Le gourou, lui, piaffait. S'il avait eu le pouvoir de remonter l'horloge !

L'affliction etait acceptable, il n’est pire situation pour un pays que d’être dirigé par un mollasson.