dimanche 8 mars 2026

TRAITRAILLE, TRAHISSEURS ET TRAITRES....

Qui voit une grenouille dans le repaire d'un serpent se posait forcement des questions. Car il fallait bien être grenouilles trés spéciales pour oser conférer avec un serpent. Ou bien alors avoir reçu de sérieuses garanties. Et si on arrivait à établir que la nounou était une charmeuse de serpent, une fakir qui a longtemps caché son jeu, alors on pouvait prier pour l'ouroboros ? 

Dans tous les cas, assister en direct à une telle assemblée avait quelque chose de saisissant. Regarder un serpent siffler, tousser, cracher et tortiller l'histoire, emmitouflé d'oripeaux de héros était pathétique. Parce que la traitrise était la chose la plus épouvantable qui soit, on concevait très bien que la vie d'un traitre le soit tout autant ! 

La traitrise exposait aux yeux l'avidité, ce que le traitre cherchait à camoufler par une une acrobatie verbeuse. Elle etait un épouvantable délitement moral mais surtout elle se rapportait proportionnellement au challenge de la legitimation morale et profane du comportement du traitre. 

Le traitre etait obligé d'etre un artiste pour pouvoir falsifier falsifier l'histoire. Il devait etre sans vergogne pour faire l'apologie du mensonge. Il devait etre sans honneur pour renier la vérité. 

La traitraille batracienne avait donc ouvert boutique. La crapauté avait toutefois soigneusement gardé en réserve ses troupes d'ubiquitaires. Et cela n'était pas pour déplaire à l'ouroboros qui donnait là une belle occasion à son peuple de vivre son pleurer-rire. Le Marechal Hannibal Bwakamabe Na SaKade, fils de Nagakaro, fils de Foulema ressuscitait au Gourouland !

Les gouroulandais allaient avoir l'exquise joie d'ovationner la belle gestuelle avec laquelle il maniait la queue de lion sous son aisselle. 

Mais il était à voir si dans cette histoire de traitrise, s'il n'était pas surtout, en sourdine, une question de détournement de mineur. La corruption rampait comme un poison invisible. Mais qui, donc, avait piraté le frêle cerveau de l'abominable garnement qui jouait avec les allumettes ? 

Les trahisseurs n'en voulaient pas seulement à l’or ou aux titres. Ils s’attaquaient aux principes, aux germes d’innocence. Chacun de leur sourire feint, chacun de leur mot enjolivé, chacun de leur mouvement calculé etait un piège, un fil tendu entre tragédie et comedie. 

Leurs chuchotements bien dosés et leurs murmures bien orientés, corrosifs à souhait, pouvaient faire vaciller les plus innocents.   

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