vendredi 23 janvier 2026

LA REDEMPTION DU ROSSIGNOL...

La marmaille voulait qu'on la croit. Elle assurait avoir changé de peau. Officiellement, ces crabes proposaient leur métamorphose en tortues : si on ne voulait plus qu'ils jouent aux bras armés alors qu'on les laisse batifoler. L'indolence ludopathique du gamin qui jouait avec les allumettes faisait des émules. 

La proposition était martelée, reprise, déclinée en discours solennel. Mais sans un geste concret de bonne volonté, un doute raisonnable demeurait. Car derrière la mue proposée, les mêmes figures de crapules accapareuses persistaient, avec les mêmes méthodes constrictives de la liberté. 

Longtemps cantonnée au rôle de nounou, spécialiste du rictus mauvais qui exaltait son babyboss, la squaw semblait avoir baissé la garde en affichant publiquement sa colèreCe n’était pas, comme on l’a d’abord cru, par échec de ses tentatives d’entamer la crédibilité internationale du gourou. La cause etait plus prosaïque et plus inquiétante : le babyboss, pressé de montrer qu’il mord, avait ouvert la porte à un acteur jugé incontrôlable, un loup dans le marécage, pardon, un rossignol.

Oui, le rossignol était réapparu. Plumes lavées, chant repassé, voix pliée, fidélité affichée à l’ouroboros. La réhabilitation etait époustouflante, le changement presque ostentatoire.

Il avait repris du volume mais pas forcément de l’innocence. Les brûlures de ses anciennes ailes restent lisibles, malgré le maquillage stratégique. Avoir trop fréquenté le feu vous laisse durablement un parfum de fumée.

Une chose est claire : le rossignol n’était pas revenu pour décorer le paysage et il avait à sa manière adressé un oui de recevoir à la demande de ses services du top model d'Imeldasse.

Ce dernier avait besoin, plus que jamais, d’un partenaire soumis, d’un rempart populaire. Et surtout d'un parrain de son compagnonnage avec ses nouveaux amis nés une cuillère en argent dans la bouche. 

La nounou se posait aussi la question qui circule, sans être formulée officiellement : le rossignol new look est-il un simple signal de loyauté ou le début d’une contestation interne maquillée en fidélité ?

Dans la marigot de la traitraille batracienne, comme du temps de la ferme des cavaliers haineux du monstre, les coups ne s’annoncent jamais. Ils se préparent en silence, sous la vase, pendant que les discours parlent de stabilité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire