mercredi 5 août 2015

UN RÊVE, ON PEUT LE CHANGER, ON NE LE TUE PAS !


A la faveur de l’alternance democratique, notre pays a vu des regimes politiques se succeder.

Ainsi donc chaque président a légué à son successeur ses rêves mais aussi les problemes qui ont determiné en grande partie son départ et auxquels il n’a pas pu apporter des solutions efficaces.

Seulement le traitement réservé la plupart du temps aux rêves du prédécesseur par son successeur pose la question de la perception de la continuite de l’Etat. Il pointe le déficit de culture administrative, le manque de sérénité juste au moment de l’accession au pouvoir, un complexe de supériorité de mauvais aloi,  etc. 

L’Etat apparait lésé au bout du compte car le rêve du président devient celui de tout un peuple à partir d’un certain moment surtout s’il se trouve que ce rêve a déjà englouti dans son processus de réalisation des ressources financières et intellectuelles de la nation. 

Sous d’autre cieux ou en d'autres temps, on aurait parlé de la politique de la table rase ou de la terre brulée sauf qu’en l’occurrence ce n’est pas le vaincu en debandade qui détruit tout mais bien le vainqueur qui se prend pour un superman sorti de la cuisse de Jupiter.

Il s’ensuit des tergiversations et autres atermoiments dont témoignent à suffisance les retards constatés par l’opinion publique par rapport à la concrétisation de l’agenda onirique du nouveau venu.

 Or “tout est urgence”,  n’est ce pas ce qu’ils nous serinaient tous au moment du passage du témoin ?

Pour memoire, il a fallu au Président Abdoulaye Wade pas moisn de quatre ans pour qu’on le voit entamer ses realisations.

Le bonhomme president Maky Sall est à deux années de la fin de son mandat, qu’il a décider d’écourter par simple veulerie, il en est réduit à accuser les entreprises chargées d’exécuter les travaux de ses chantiers de vouloir saboter son quinquennat !

Mais qu’est ce qu’un rêve ? Toutes les cultures du monde en font un message divin. Il est davantage considérable, dès lors qu’il est porté par une personne détentrice de ce pouvoir que Dieu, le Roi des rois, donne à qui il veut !

Jeter les rêves de son prédécesseur aux orties est donc moralement inacceptable pour plusieurs raisons. 

Car ce faisant c’est comme si le successeur se proclamait plus proche du Dieu si on ne présume pas une volonté bien calculée de faire mal,  procédant de la méchanceté gratuite, quoi.  

Si bien qu’à tout le moins, au regard de la même proximité avec Dieu, on ne puisse lui conceder que des retouches techniques, des réorientations stratégiques.

Ainsi le rêve du Président Abdou Diouf de faire du Technopole un gigantesque incubateur d’entreprises, épine dorsale de sa prochaine politique d’emploi des jeunes, a été ajourné sine die par son successeur le Président Abdoulaye Wade qui n’aura pas fait mieux en matière d’emploi, soit dit en passant. 

Le site du Technopole ayant été amenagé à grand frais et ayant accueilli les implantations symboliques à plus d’un titre de la SONATEL (première entreprise sénégalaise) et du projet d’intra-net gouvernemental est devenu à présent le receptacle des eaux de ruissellement de la ville de Pikine et le bonhomme président Maky Sall, successeur du Président Abdoulaye Wade, n’entrevoit que d’y construire une arène nationale pour la lutte senegalaise ! 

La même situation s’est posée, avec plus d’acuité, avec le projet de l’Université du Futur Africain, si cher au Président Wade, qui a été superbement ignoré par le nouveau regime du bonhomme président Maky Sall. 

La bêtise insolente du régime culminera avec le lancement de son projet d’érection de la deuxième université de la capitale senegalaise, Dakar, à quelques mètres du chantier presque fini mais arrêté du rêve du Président Wade.

Et pourtant, le président Wade, se rendant sans doute compte, mieux vaut tard que jamais, avait trés tôt cependant sonné la cloche. 

Il avait supplié son successeur de ne pas casser ses rêves en promettant dans la foulée de publier un livret de ses differents projets et leur degré de réalisation.


C’est juste s’il ne faut pas applaudir que le President Maky Sall n’ait pas ordonné de détruire le Monument de la Renaissance Africaine !

                                                                               Gorgui SARR

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