vendredi 30 janvier 2026

DINGUERIE NARRATIVE....

La politique n’est ni morale ni immorale : elle est amorale. Un territoire où l’homme cesse d’être une conscience pour devenir une mécanique. Un animal cohérent, opportuniste lucide, stratège appliqué ou, plus souvent, prédateur hors du remords, vide habité. Il y obéit à ses instincts, y satisfait ses besoins, y joue sa survie, y cultive son plaisir. Sans culpabilité. Sans justification.

Cela n’est vrai toutefois que si l’on réduit la politique à une simple technique de conquête, d’exercice et de conservation du pouvoir. À condition d’oublier qu’elle est aussi, dans sa plénitude, un projet humain : promesse de bien commun, horizon d’attentes populaires, levier d’amélioration des conditions de vie.

Le gourou avait toujours alerté qu'il ne fallait pas abandonner ce champ aux hommes moralement et spirituellement désincarnés. Tel l'ouroboros en incarnait l'exemple le plus actuel. Et dont la trahison est d’autant plus insupportable qu’avant son avènement il s’était drapé des vertus du gourou, bercé par ses prêches, rehaussé par sa notoriété.

Le gourou n'excellait pas que dans l’art rare de faire vomir ses tripes à la société, de faire avaler leurs sottises aux politicaillons et surtout de faire tomber les masques.

Dans ce brouillamini, ruse iconoclaste de Satan ou amour paternel exacerbé, un nouvel ordre pointant son bout de nez. Un bourgeois s’était mis en tête de hisser sa fille au sommet du Gourouland. Imeldasse devra surveiller ses arrières : ce père, vendeur hors pair, a de quoi glisser son enamouré garnement qui jouait avec les allumettes dans ses poches pleines d’argent. 

Une nouvelle offensive de Satan prenait forme, accélérer la transition poussine–poulette–poule, remettre les choses à l'endroit quitte à naturaliser l'imposture pour rendre l'héritage plus évident

Au fond l'ourobors en lui-même n'était-il pas un dur rappel à l'ordre du gourou et des gouroulandais ?

Depuis que le monde est monde, qui pouvait compter un prophète issu de la rase-campagne ?

Mais il semblait que le sort en etait jeté ! La Nounou, carquois chargé de flèches empoisonnées en boudouliere, arc bandé à bout de bras, veillait sur son précieux butin, l'ouroboros, et imposait la discipline tout autour de lui. Elle ne s'encombrait pas d'idéologie ou d'histoire, elle était en mission, elle avait sa mission.

lundi 26 janvier 2026

LE FLAIR ENRHUME

La nounou avait-elle agité la chicote ? La trahison du monstre avait-elle été trop douloureuse ? 

Dans tous les cas, le renfrognement plus que de coutume de la mine du garnement qui jouait avec les allumettes désemparait sa traitraille batracienne. Cela dépassait les grimaces d'intimidation d'un prématuré social. 

L'idiotie était une redoutable nature qui contrairement aux maladies infantiles était aussi incurable. Elle etait une arme chimique qui imprègne les gestes, déteint sur les cadeaux offerts et corrompt meme la manière de les donner. L'ouroboros avait pris le mauvais chemin d'amplifier les bêtises de ses successeurs. La sottise était promulguée loi. Il mimait sans intelligence. Il agissait sans réfléchir. Il ne voulait que faire du mal au gourou.

C'est quand on le croit loin que Satan est le plus proche. Et le signe évident de sa proximité était que la nounou demeurait ce serpent à sonnettes. Le seul infâme équipé d'une alarme.

Il n'avait pas abdiqué, loin de là. Il avait recruté la Grand'poupée.   

Mais il n'avait pas donné de feu vert, non plus, quoique le flibustier pervers ait osé danser plus vite que la musique. Le mamba noir, le larbin noir au coeur noir aussi noir que le charbon noir, était en attente !   

Comment un fils de paysan, né pauvre, grandi dans la précarité, pouvait-il militer en faveur d'une ploutocratie kleptomaniaque ? Mystère simple : certains quittent la misère physique, mais la misère morale, elle, ne les quitte jamais.

Le gourou nous devait certainement des comptes. Comment son sacré flair a-t-il pu être ainsi floué pour livrer tout un peuple aux anneaux d'un serpent monstrueux ?  Oui, il devait etre enrhumé ce jour.   

dimanche 25 janvier 2026

ORGANISER LA DIGNITE ?

Un homme pauvre planté devant une montagne d’or, c’est une scène triste. Pathétique, on en conviendra, quand la misère contemple l’abondance sans pouvoir ni oser y toucher !

Mais plus d’un milliard d’hommes condamnés à la pénurie au cœur même d’un continent-coffre-fort, cela cesse d’être triste pour devenir obscène, presque métaphysiquement honteux.

Car tout est là : des terres grasses qui pourraient nourrir des empires, des fleuves indociles, des nappes d’eau dormantes sous le sable, un sous-sol boursouflé de minerais, de pétrole et de promesses, des troupeaux par millions, et une jeunesse innombrable, rude réserve d’énergie et d’invention. Tout est là, sauf la dignité organisée. Sauf l'envie de se passer du monde. On préfère prêter ses outils aux voisins !

Cette contradiction monumentale a donné naissance, ailleurs, à cette sorte de condescendance visqueuse, mélange de pitié molle et de mépris discret, comme si l’échec de ces hommes etait inscrit dans l'ordre des choses, leur misère une fatalité ontologique. 

Et encore, le tableau est assombri par des paysages traités comme des poubelles définitives, des quartiers jetés au hasard dans l'espace, une misère épaisse qui colle aux corps, une justice minable, une sécurité défaillante, et au sommet, une gouvernance qui sent la charogne administrative.

Cette lacune admet des responsables, bien entendu, ces experts en serments trahis qui, à peine installés au pouvoir, rangent le peuple au placard et ouvrent les salons à la parentèle, aux nouveaux amis, aux complices du jour !

L’État devient une affaire familiale, le budget un butin, la fonction publique une mangeoire. La promesse de sobriété se dissout dans l’orgie, l’idéal de service dans la gabegie, mis en scène dans la comédie grasse de ses propres dirigeants.


vendredi 23 janvier 2026

LA REDEMPTION DU ROSSIGNOL...

La marmaille voulait qu'on la croit. Elle assurait avoir changé de peau. Officiellement, ces crabes proposaient leur métamorphose en tortues : si on ne voulait plus qu'ils jouent aux bras armés alors qu'on les laisse batifoler. L'indolence ludopathique du gamin qui jouait avec les allumettes faisait des émules. 

La proposition était martelée, reprise, déclinée en discours solennel. Mais sans un geste concret de bonne volonté, un doute raisonnable demeurait. Car derrière la mue proposée, les mêmes figures de crapules accapareuses persistaient, avec les mêmes méthodes constrictives de la liberté. 

Longtemps cantonnée au rôle de nounou, spécialiste du rictus mauvais qui exaltait son babyboss, la squaw semblait avoir baissé la garde en affichant publiquement sa colèreCe n’était pas, comme on l’a d’abord cru, par échec de ses tentatives d’entamer la crédibilité internationale du gourou. La cause etait plus prosaïque et plus inquiétante : le babyboss, pressé de montrer qu’il mord, avait ouvert la porte à un acteur jugé incontrôlable, un loup dans le marécage, pardon, un rossignol.

Oui, le rossignol était réapparu. Plumes lavées, chant repassé, voix pliée, fidélité affichée à l’ouroboros. La réhabilitation etait époustouflante, le changement presque ostentatoire.

Il avait repris du volume mais pas forcément de l’innocence. Les brûlures de ses anciennes ailes restent lisibles, malgré le maquillage stratégique. Avoir trop fréquenté le feu vous laisse durablement un parfum de fumée.

Une chose est claire : le rossignol n’était pas revenu pour décorer le paysage et il avait à sa manière adressé un oui de recevoir à la demande de ses services du top model d'Imeldasse.

Ce dernier avait besoin, plus que jamais, d’un partenaire soumis, d’un rempart populaire. Et surtout d'un parrain de son compagnonnage avec ses nouveaux amis nés une cuillère en argent dans la bouche. 

La nounou se posait aussi la question qui circule, sans être formulée officiellement : le rossignol new look est-il un simple signal de loyauté ou le début d’une contestation interne maquillée en fidélité ?

Dans la marigot de la traitraille batracienne, comme du temps de la ferme des cavaliers haineux du monstre, les coups ne s’annoncent jamais. Ils se préparent en silence, sous la vase, pendant que les discours parlent de stabilité.

dimanche 18 janvier 2026

LA LIGUE DES GOLDEN BOYS...

L'alerte à l'hémolymphe avait fait long feu. Non pas parce qu'aucune grenouille ne s'était montrée alléchée par cette victuaille succulente fort prisée par la gente batracienne mais bien parce que tel était la volonté de l'ouroboros. 

La traitraille batracienne etait autrement occupée. Les uns s'était mis des couverts attendant le tong tong du taureau noir, les autres se léchaient les lèvres pour la construction du temple des grenouilles. 

Ce qu'il considérait comme une farce des haillonneux avait même illuminé son sombre visage pendant quelques instants. Comment pouvait-on, ne serait ce qu'imaginer un instant, qu'il lâcherait le grillon qui symbolisait au plus haut point la crédibilité de son entente avec le monstre ?

Après les premiers moments de surprise et à tout considérer, ce dernier lui avait bel et bien livré des idées pour accélérer sa stratégie du chaos que lui se sentait à même de mener jusqu'au bout. 

L'étape première produisait du résultat, il était en passe de devenir  ennemi numéro un du gourou, supplantant des protagonistes, ralliant  les uns, amadouant les autres. Il était entrain de tirer profit fort opportunément de l'épisode du grillon, il avait demande l'intervention de son beuf, un élément-clé du dispositif.

Cet énergumène allait lui faire libérer de la place pour s'occuper lui-même et davantage de la naissance au grand jour de la ligue des goldenboys, les anciens fils des lascars du monstre, dont il avait personnellement recueilli la bénédiction parentale. Sacré complexé... 

C'était une lubie de croire que l'Alkebulan était une et unie, ça n'était qu'une fable. Du moins, l'objectif des pères fondateurs n'a jamais été aussi loin d'etre atteint. Les stades en étaient une jauge parfaite. 

L'animosité constatée à l'occasion des joutes sportives notamment révélées une haine contenue d'adversaires dressés a se haïr avec discipline. Quand le teint de la peau ne l'exacerbait pas.   

Le gourou avait du chemin. Il parlait d'unité mais les dirigeants instrumentaient leurs peuples pour défendre jalousement leur misère, comme on ferait d'un patrimoine national. 

vendredi 16 janvier 2026

LE GRILLON PROVIDENTIEL....

La vérité, en nos temps d’opacité artificiellement intelligente, se pare d’atours toujours plus sophistiqués. Toutefois, elle aura beau se maquiller, se travestir mais rassurons-nous : sous ces costumes neufs, certaines créatures demeurent inchangées. L’ouroboros, par exemple, restait ce gamin ludopathe, impulsif et pouvoirien, abritant une nature sombre, idiote et ingrate donc toujours fidèle à lui-même.

Pourtant, tous s’étaient trompés sur sa destination. Il était allé bien plus loin. Et pour une raison autrement plus renversante. L’ouroboros n’était pas parti en fugue, ni en retraite spirituelle. Il s’était mis en quête des plans d’un temple pour la traîtraille batracienne, cette confrérie visqueuse d’opportunistes qui se prenaient pour des aigles parce qu'ils coassaient aupres du fauteuil et que la mangeoire débordait. Il avait visité le temple de Nyoirinji !

Là-bas, s'en souciait-il seulement, il avait découvert bien des choses. Il avait vu de vrais pays. Et surtout côtoyé de vrais dirigeants : des chefs pour qui le bien-être du peuple précédait le leur, des hommes liés par des serments qui n’étaient pas des slogans jetables mais des chaînes morales, lourdes et assumées. Des chefs dégourdis et ambitieux qui ne recyclaient pas le passé pour le présenter en futur à leur peuple. 

L(ourobors etait passé maitre dans l'art d'imiter les formes et trahir le fond.  Il n' a jamais voyagé jamais pour s’élever. Il semblait, meme, qu'il n’avait pas achevé sa descente dans les gouffres de la trahison.  On croirait, volontiers, que le mouvement, bien au contraire, s’accélérait. Ce n’était plus seulement une suite de manœuvres douteuses. Un désaveu métaphysique ? 

Bien au-delà des faits, en effet, on eût dit, vraiment, un coup de pied en plein visage asséné par la Providence. Flairant l’occasion d’aiguiser le tranchant du glaive avec lequel il comptait neutraliser le gourou, son incubateur politique, il promit donc au monstre, en jurant sur ses propres mensonges, d’élargir tous ses lascars, blanchir les forfaits, repeindre les chaînes en bracelets mais en échange de leur soutien. On ne promettait plus la justice mais la carte de fidélité à l'impunité.

La corruption devenait-elle contrat ? La trahison, programme ? L’ingratitude, doctrine ?

Comme si la Providence, lassée d’être spectatrice, avait soudain décidé d’entrer sur scène. Sous forme d'un grain de sable fort embarrassant. Le grillon devait sortir, respirer, remercier, rejoindre la fanfare des libérés reconnaissants. La nouvelle était tombée drue telle dans les primaverses, le grillon retournait en cage avant même d’avoir aperçu la clé.

Les haillonneux se marraient. Le grillon n'aurait-il pas lui-même tout fait pour ne pas être libéré ? N'aurait-il pas saboté son propre salut, renversé sa propre barque, creusé son propre tunnel à l’envers ? Comment donc l'ouroboros allait-il respecter sa parole donnée au monstre ? Etait-il prêt à courir le risque ? 

L'ouroboros réalisait qu’il suffit parfois d’un seul grillon piètre mélomane, pour fausser la plus belle ballade de la forfaiture.

Et c’est peut-être là la seule consolation des époques obscures : quand les conspirations deviennent trop parfaites, le hasard se fait théologien spectaculaire et la Providence, scénariste sarcastique.

jeudi 15 janvier 2026

MISE EN QUARANTAINE MERITEE....

Qui donc croire ? 

Ceux qui affirmaient que le gamin qui jouait avec les allumettes avait subitement ressenti l'envie d'une autre vadrouille stérile et dispendieuse pour se soustraire à la lourde atmosphère gouroulandaise ? 

Ou bien ceux qui soutenaient que sa nounou l'avait expédié direct par son landau volant pour le rattraper aux portes d'une décision funeste à laquelle l'aurait incliné son immaturité impulsive ?

Ou encore les autres qui juraient que c'était pour exaucer un délire addictif de Imeldasse et la Tisseuse pour une virée abayaphile ?

Oui, qui fallait-il croire et surtout que croire ? 

D'autant plus qu'il était évident que la symbolique du taureau noir, ce sceau des odieuses spiritualités, n'avait pas échappé à la Nounou. Le laraire volant ne se prêtait-il pas plus à certaines libations, loin des yeux fureteurs ?

L'histoire fabrique les grands hommes. Dans l'ouest global, l'hymne à la souveraineté entonnée ça et là par les populations les plus misérables de la Terre avait une résonance particulière. 

Ne s'acharnerait-on pas à jeter l'anathème sur des ancêtres dont le génie avait bâti des pays prospères et sûrs au bénéfice de leur progéniture, offrant ainsi un modèle universel de patriotisme et du sens de l'intérêt general, envié par tous, toujours copié mais jamais égalé. 

A qui la faute si, ailleurs, des aïeux n'avaient pas été capables de faire la même chose ou de reproduire ledit modèle ? 

Fallait-il leur reprocher de ne pas avoir découvert le charbon avant la faim, la machine avant la dette, ou le crédit avant l’eau potable ?

On attendait une réponse dont on redoutait surtout la forme. Serait-ce un silence méprisant, le ou le langage des canons si ce n'est une mise en quarantaine bien méritée des populations tiers-mondistes, au demeurant ?

Et si la réponse était là depuis toujours ?

Qui voulait goûter à la prospérité des autres devait en accepter la recette, la cuisson l’addition. On ne s’invitait pas au banquet de l’Histoire sans manger le menu imposé, ni payer la note majorée.

Au Gourouland, l’Ouroboros préférait pourtant esquiver ses responsabilités séculaires en psalmodiant la paix sur un ton locrien, impropre aux longues marches collectives. Une paix iconoclaste dans un pays où un sachant s’était autoproclamé tailleur constitutionnel, coupant et proposant une exégèse de la Loi fondamentale à sa mesure, en mode mixolydien.

Les Jababus, eux, ne reconnaissaient qu'une seule tonalité à la réconciliation. C'est bien celle centrée autour du respect de la loi,  motivée par  l’égalité citoyenne et dévouée à l’équité territoriale.

Ils n'en entendaient qu'un son, l'honnêteté tout simplement !

Tout le reste n’était qu’arrangement provisoire, playback de cowboy et symphonie de croquemort, bonne à bercer les foules, jamais à nourrir les peuples. 

dimanche 11 janvier 2026

LA TRAITRAILLE UBIQUITAIRE...

La squaw, sacrée nounou du garnement qui jouait avec les allumettes, avait tenu, elle-même, à réceptionner le taureau noir. Il fallait vérifier que l'échine de la bête était suffisamment  moelleuse pour être digne de supporter le séant de l'ouroboros. 

Avec les idiots utiles qui rôdaient autour de son baby-boss, il fallait toujours être aux aguets pour le respect scrupuleux du protocole. Pas question de laisser le moindre grain de poussière gripper sa machine de vengeance qui carburait à plein regime !     

Au Gourouland, qui voulait la paix, tenait à la paix de sa famille et s'inquiétait peu ou prou de la quiétude de son entourage devait veiller principalement à ce que le gourou vive en paix. La paix du gourou etait la garantie de la paix publique. La paix sociale ne résidait pas dans la gueule de l'oruoboros. 

Il était des vérités non écrites. Personne ne pouvait en démontrer la logique. Rien ne pouvait s'y opposer...

Le monstre d'avant sa visitation, ses lascars et ses larbins l'avaient compris. La marmaille et la racaille en vivaient les stigmates pour longtemps encore. Les Gobelins refusaient, pour le moment encore, d'être des mannequins du défilé de mode d'Imeldasse... Même aux cotés de leur chef suprême, le top model à l'honneur !

L'ouroboros, sombre idiot prétentieux, avait cru pouvoir passer outre, il regrettait à présent amèrement d'avoir offensé le gourou. Qu'est ce qui n'avait pas marché dans son lumineux plan ? Hé bin, beaucoup de choses, pardi, mais en cause surtout, son rapport suspect avec le pouvoir. Sans justice, ce dernier n'était qu'une source de corruption. Refuser d'accepter qu'il  n'est que soumission à la vérité, c'est se condamner avec les siens sans verdict !    

En se cognant contre le mur de protection érigé autour de son tuteur renié, il avait perdu personnellement toute respectabilité sociale, sa famille rasait les murs de honte, sa nounou était devenue un esprit noctambule, ses satrapes corrompus et ses ténèbres ancestrales perdaient honneur après dignité pour avoir accepté d'être ses instruments pour importuner le gourou. 

Ils étaient sonnés par la prise de conscience brutale que beaucoup parmi ceux à qui ils pensaient avoir affaire leur étaient inconnus. Des êtres au profil douteux, une existence virtuelle et opaque. Oui, c'était sans doute cela, des parias qui jetaient le sable dans le couscous des festivités aux frais de la princesse sauvagement braquée et extorquée !

Cette déconfiture imprévue était d'une telle intensité qu'elle avait appelé à une révision stratégique. Désormais, la traitraille allait faire preuve d'ubiquité. L'ouroboros en tête, ce sera un pied dedans, un pied dehors ; en d'autres termes ni dedans, ni dehors !     

vendredi 9 janvier 2026

LA POLITIQUE DE L'ARGENT

Teddy et Soso se congratulaient, exultants, le monde allait enfin reconnaitre leur force. Au diable la force du droit, vive le droit de la force ! 

Soso avait envahi des terres lointaines, comme pour remodeler les frontières du monde. Teddy s’était permis d’enlever un dirigeant, comme on déplace un pion sur l’échiquier mondial. L’Empereur rouge, lui, restait en retrait, hésitant entre appui discret et menace voilée. Et s'il n'était pas que le dindon de la farce de l'espièglerie caucasienne ?

La mondialisation avait été un fiasco culinaire : les recettes de prospérité universelle avaient tourné à l’indigestion générale. Désormais, chacun devait relever sa soupe de souveraineté économique avec ses propres mains, ajustant les épices selon son appétit et son audace. 

L’exécution ayant trahi l’intention, il fallait tout recommencer, içi et ailleurs, en apprenant à tenir compte des ogres qui ravageaient le festin mondial. On est reparti pour une nouvelle quête de l'universel... 

Au Gourouland, les vieux démons de la politique ressuscitaient, nourris par l’imposture démocratique de l’Ouroboros.

Le choix s’imposait au Gourou. Le paysan corrupteur tendait un traquenard, à travers sa politique par l'argent, prêt à miner sa force d’adhésion. Renoncer à le combattre ? Perdre des hommes. Continuer ? Consolider une foi compacte, incassable. Ne serait-il pas sage d'attendre de connaitre les intentions du garnement qui jouait avec les allumettes ? Que voulait l'ouroboros ? Que cherchait-il à prouver ? Cela en valait-il la peine de le combattre ? Agissait-il comme adversaire ou ennemi ? 

N’était-il pas plus quelqu’un qui inspire qu’un simple gestionnaire ? N’était-ce pas la souveraineté économique qui commandait l’urgence ? L’émancipation politique qu’il prônait dépendait bien plus des forces productives – les seuls acteurs du vrai développement. Et ces forces n’avaient jamais eu autant besoin d’un meneur. Suivre le chemin déjà tracé par d’autres, avec la même foi et la même abnégation, ce n’était ni réinventer la roue, ni courir après le train des autres. 

Peu importait que les forces ténébreuses et leurs satrapes aient offert une monture à leur mentor : le Taureau noir. Ayant renoncé à attaquer la tête de la pyramide des haillonneux, il s'en prenait à la base, silencieusement, inexorablement.

C'est que l’Ouroboros, fidèle à sa nature égocentrique, labile et calculateur, ne croyait pas à la loyauté. Il en calculait le prix et payait rubis sur l’ongle. L’argent n’était plus un problème, il en disposait par liasses noires à profusion. Avec sa cohorte de satrapes corrompus, il s’était convaincu que les appareils politiques ne tenaient pas par la ferveur, mais par la distribution : le pouvoir devait être horizontal, transactionnel, nourrissant la dépendance des ralliés.

la politique de l'argent est simplement ridicule. Il est à notre image : il éclaire l'honnête et noie le corrompu et le corrupteur.

L'argent peut acheter des alliés, corrompre des coeurs mais le destin ne se vend pas !

dimanche 4 janvier 2026

GOLFEUR EN HERBE....

Des alternances politiques, le Gourouland en avait connu. Beaucoup même. Mais jamais on n’avait jugé utile d’en calculer le coût réel.

On avait toujours différé le calcul, on remettait au lendemain ce qu’on craignait de voir se transformer en catastrophe, par hâte de se servir, jusqu’à ce que l’addition devienne explosive. Le passif social s’accumulait : frustrations, colères muettes, espérances trahies, bref, tout ce qu’un simple verdict des urnes ne pouvait plus contenir.

Le calcul du coût démocratique de ces alternances auquel un des lascars du monstre, et non des moindres, la Pintade de Tangun, se refusait obstinément était pourtant simple, presque enfantin. Même les esprits les plus détraqués ( le grand Animal, le Condoreau, le Mamba noir ) pouvaient le saisir : c’était la somme des écarts entre la norme démocratique et les pratiques réelles.

Mais admettre ce calcul eût été reconnaître l’écart entre le rêve que le monstre nous avait vendu sous ses tralalas de sobriété vertueuse et le gouffre dans lequel sa sociopathie prédatrice nous avait plongés. La Pintade de Tangun préférait continuer ses cris, qui n’annonçaient toujours que le désordre, jamais la lucidité.

L’ouroboros, parjure d’âme, friand de jeux solitaires, avait reçu un terrain de golf en guise de cadeau de Nouvel An. De la part d’Imeldasse ou de la Grand Poupée, nul ne savait vraiment. C’était une raison suffisante pour réclamer la paix autour de lui, un silence absolu pour perfectionner son swing et son grip : le seul art capable de lui ouvrir la compagnie des grands de ce monde, le seul club qui seyait à sa stature et où il pouvait éclater en rires et en blagues.

Les urnes tranchent, certes, mais elles ne réparent ni les humiliations accumulées ni les promesses fossilisées dans les discours d’hier. Le monstre nous avait montré qu’un leader qui ruse avec les principes démocratiques engourdit la démocratie pour en faire un théâtre de marionnettes : le peuple applaudit sans comprendre, se rebiffe sans retenue.

Était-ce là l’objectif recherché par le top model d’Imeldasse ? Faire la même chose pour obtenir un autre résultat : c’est peut-être cela qu’on appelle réforme.

En tout état de cause, ce n’est pas l’ouroboros, tout entier captivé par son dernier cadeau, qui mettra fin à cette politique de l’autruche. 

L’homme sans foi est comme un bateau sans gouvernail. Un capitaine sans gouvernail n’est même pas digne d’être stagiaire. Quiconque flirtait avec les forces des ténèbres ancestrales n’était plus digne de poser son séant dans le temple de Dieu. Il faut lui dire son fait : il est vil, joueur, aventurier et dangereux. He's broken bad... 

Cela valait aussi pour l'ouroboros.  

vendredi 2 janvier 2026

EPIDEMIE DE CAPITAINES CINGLES...

Une attention préventive portée à la santé mentale des potentats alkebulanais s’imposait désormais comme une urgence signalée dans chaque pays. La régularité du phénomène avait fini par lui conférer valeur de loi. À peine installés, leur programme, pourtant présenté comme le socle du pacte avec le peuple, était relégué aux archives mortes, sacrifié sur l’autel d’une nouvelle feuille de route, plus conforme au statut fraîchement acquis, aux appétits familiaux soudain décomplexés et aux rêves egomaniaques jusque-là refoulés.

Les rédacteurs de chartes constitutionnelles devraient s’emparer de cette question sans délai. Car comment nommer autrement cette épidémie de reniement qui frappe les dirigeants sitôt le pouvoir conquis ? Malédiction du fauteuil ? Palais hantés par des démons invisibles ? Mauvais nouveaux compagnons, chuchoteurs de vanité et marchands d’illusions ? Ou, hypothèse plus dérangeante, simple révélation d’une nature longtemps dissimulée, désormais libérée de toute contrainte morale ?

La médiocrité qui s’installe au sommet ne pourrait-elle pas être reconnue comme une pathologie démocratique à part entière ? Une affection chronique, transmise non par le sang, mais par le suffrage. Au meme titre que le niveau de l’électeur moyen, non pour le mépriser, mais pour comprendre ce qu’il tolère, ce qu’il banalise, ce qu’il finit par ériger en norme. Car chacun contribue, par son choix ou son renoncement à l'installation du mauvais. Le baromètre, lui, ne ment jamais : il indique fidèlement la pression. Ce sont les hommes qui feignent de ne pas regarder l’aiguille.

Ainsi, au Gourouland, l’ouroboros était apparu sur la lucarne magique. L’attente d'une prise de parole clarifiante était aussi grande que l'attente d'une interaction réparatrice capable de lever le doute existentiel qui rongeait le peuple. Malheureusement, le spectacle donné fut celui d’un soliloque dévastateur, d’un déchirement public où l’âme semblait se replier sur elle-même. Une convulsion psychotique animique, plus proche de la dispute intérieure que de l’adresse collective. Il se chamaillait, bien plus qu’il ne parlait, avec ses ennemis affreux mentors, trés accommodants.

Les gouroulandais, à l’instar sans doute de nombreux peuples alkebulanais, devront encore s’armer de patience. L’espoir, dans ces conditions, devient une denrée rationnée. Car rien de durable ne peut être bâti avec des dirigeants délurés, prisonniers de leurs pulsions et sourds aux signaux du réel. La souveraineté économique, idée désormais célébrée à l’échelle du globe, n’est plus un luxe idéologique ni un simple credo stratégique : elle s’impose comme un leitmotiv de survie, à l’heure où l’intérêt général s’est vidé de sa substance et où le langage du bien commun n’est plus qu’un décor rhétorique.

Faute de capitaines lucides, les alkebulanais subiront encore l'effondrement latent mais parfaitement prévisible du système monétaire international. Un système qui, sous couvert de technicité et de liberté, a forgé les chaînes de l’asservissement de la plus grande partie du monde à l'autre. 

Bonne année à tous !