vendredi 17 mai 2024

PISTE BROUILLEE

Le jeune barbu avait livré le grand animal dépenaillé à son gourou. Lequel avait passé en revue et sous toutes les coutures la meilleure manière de le trucider. 

Qu'à cela ne tienne, il y avait tellement de candidats au gibet qu'il ne s'en faisait pas outre mesure que cette première puisse laisser un goût d'inachevé... Les maitres chiens avaient ainsi assisté, coi, au supplice douloureux de leur beau spécimen sur le chemin des abattoirs de l'histoire...  

Le jeune barbu s'appliquait à démontrer que tout l'échafaud social reposait sur le regard des autres. Ce que les sortilèges de l'ancien monstre lafien, la lâcheté de sa racaille et de sa marmaille ainsi que   le vacarme assourdissant de sa vermine avaient fait perdre de vue. 

La révolution pacifique avait eu lieu, certes, mais sa portée générale restait en question. Le changement d'hommes en cours aussi discriminant qu'il soit, en effet, n'était pas en soi une condition suffisante de sa réussite. 

Le quotient personnel du gourou était plus que jamais engagé et en était plus que jamais le gage le plus sûr, sur fond malheureusement inévitable d'une animosité haineuse ! 

Indubitablement, à Laf, beaucoup de choses avaient définitivement changé, beaucoup de choses ne se passeraient plus comme avant. 

Pour autant, pouvait on avec certitude faire l'économie de la violence pour casser les fondations du système ramifié à l'extérieur et fermement enraciné à l'intérieur ? Dont des pans entiers et des symboles des plus macabres restaient encore debout !

Le gourou et le June barbu cachaient bien leur plan. Effectivement, Il y avait plus à en deviner les contours qu'à voir l'angle d'attaque qu'ils avaient privilégiés. Les reformes, selon toute vraisemblance, ne suffiront pas.  

La soudaine et effrayante réapparition du sikori ajoutait au brouillage des pistes. Le chef assassin et ses éléments pervers avaient perdu tous leurs moyens.   

L'ancien monstre se relevait devant l'offensive annoncée de la grand'poupée. La meute des lascars s'était reconstituée mais pouvait-elle compter sur les nécrobies ? 

L'ancien monstre ne donnait pas tout.  

vendredi 10 mai 2024

LA FATIGANTE IMMOBILITE...

Qu'on le veuille pas, le gourou avait eu raison sur tous. La transformation des mentalités était la priorité... Le jeune barbu en tenant lui meme son micro avait donné un violent coup de pied dans la termitière de l'ordre social lafien régi jusque là, de main de maitre, par les griots... une minorité qui s'était arrogée tous les droits d'édicter le code moral social... Le païen nasard n'en revenait toujours pas de cette outrecuidance du jeune barbu... 

Mais ce n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan car les lafiens qui avaient vécu l'horreur en étaient sortis traumatisés. Ce n'est pas le mouvement qui fatigue mais bien l'immobilisme, en effet ! Et donc, en attendant la mise en place des assises prétendument psychotérapeutiques, l'urgence, pour eux, n'était-ce pas d'empêcher la vermine de continuer de les narguer ? 

Les ruades du mamba noir, le larbin noir au coeur noir aussi noir que le charbon de bois, ainsi que les caquètements des poulets et poulardes renseignaient sur l'étendue du mal. Le monstre lafien avait jeté les fondements de son ubuesque sultanisation sur un vaste tapis de corruption d'esprits et d'âmes. 

Eh oui, le règne du monstre fut un temps de déchéance nationale, quand il advient d'avoir honte non seulement de ces dirigeants mais aussi de toute la vermine satellite du pouvoir qui, entre cupidité et inconscience, accompagne leur bassesse !  

Le grand animal avait été approché par le condoreau bâtard... Ils furent les deux bras séculiers de la dembacratie. Que peuvent-ils se dire si confidentiellement ? D'autant que le monstre etait sorti de la torpeur de la grâce... 

En son temps et lieu, fort opportunément, le gourou avait été avisé de la disparition du manteau du monstre. Cependant, si d'intenses recherches avaient permis de le découvrir un peu plus loin dans une guérite, tout déchiqueté,  il en manquait toutefois quelques pans...

De quoi augmenter le stress du gourou ? C'était bien possible. Mais pour les jababus, l'attente commençait à devenir longue ; le manuel de science politique n'était pas toujours disponible.

vendredi 3 mai 2024

LA GROSSE BLATTE...

Le jeune barbu ne cessait de surprendre agréablement le gourou à un point tel que ce dernier se demandait s'il ne vivait pas une monstrification en direct. 

Oui, le dernier exploit était époustouflant. Le jeune barbu avait débusqué du tréfonds des ténèbres, tapi dans les oubliettes de la dembacratie, une grosse blatte luisant de sadisme, pour lui couper proprement ses maudites antennes qui guidaient la terreur. 

Le jeune barbu respirait la confiance. Baïonnette en avant, il avait décidé de ne plus laisser au gourou seul la prérogative encore moins l'initiative de l'battage du système d'accaparement par  concussion et de prévarication aux différents tons de la luxure. 

Tambour battant, il semblait qu'il s'était assigné le travail de démontage de cet échafaud pervers ! C'est que la clameur tue, il avait écouté quelques otages haillonneux contre la liberté desquels le monstre avait négocié et obtenu la sienne auprès du gourou. 

Chaque récit plus glaçant que le précédent l'avait décidé... Il avait beau avoir rompu les amarres avec la barque mais n'en restait pas moins conscient de tout l'intérêt qu'il y avait à ne pas trop s'en éloigner, ne pas s'éloigner du gourou. 

Sans que cela ne soit pas, certes, question de vengeance, il s'était néanmoins promis de travailler plus que jamais à ce que cela ne se reproduise plus. Il avait approché des anciens pour nourrir la réflexion autour de la nécessaire refondation de cette maudite racaille. 

Judas, le plus grand traître de Laf, pouvait toujours courir ! Le zingaro n'avait-il pas trempé sa sale gueule et celle de son déluré père dans cette traque salace des haillonneux ?  

La marmaille perverse tremblait. Mais Hades, le fils de Satan, crânait pour se donner de la contenance devant ce troupeau de chats échaudés angoissés qui lui jetait des regards avec pitié. Oui son extinction etait programmée... Tic...Tac... Le gourou bouchait tout l'horizon, leur horizon, son horizon.