dimanche 4 octobre 2026

L'IDYLLE ENTRE TALIBE ET MARABOUT...

L’ampleur de la désolation des vieux démons et des vieilles démones de l’entourage du Corbeau était devenue insondable et n’en finissait plus de s’étendre. La Nounou, plus maléfique que tous, avait choisi de se réadapter à la nouvelle donne. Après tout, chacun, Corbeau compris, avait autant besoin d’un père que d’une mère. Pourquoi donc, elle, la cheffe attitrée de la traitraille, se ferait-elle fait du mauvais sang ? 

Le rôle que le Monstre allait désormais jouer dans la traitraille était cependant au cœur de toutes les tourmentes de la racaille batracienne mutante. La disponibilité filiale du Corbeau à son égard qui frisait à présent la dévotion d’un talibé devant son marabout était le sujet des conversations chuchotees dans la mare aux grenouilles. Oui, qu'était venu chercher le Monstre ? Certainement pas pour faire de la figuration, encore moins pour jouer au Sugar Daddy.

Quand bien meme, il était certain que Tonton avait transmis l’appel à l’aide d’un Corbeau désemparé au Monstre, il etait encore à se demander les règles motivations qui avaient poussé ce dernier à entreprendre ce travail d’approche particulièrement efficace : 

- un discret délit d’initié ?

- l’antique vengeance qui le taraudait contre le Gourou ?

- ce vieux trafic d’influence dont les hommes de pouvoir ont fait un art aussi ancien que la politique elle-même ? 

Anyhow, le Corbeau, traitre isolé par la honte et la peur, avait, selon toute vraisemblance, trouvé auprès du Monstre un havre de paix. Mais aussi une occasion de briser les barreaux de la prison qu’il s’était lui-même bâtie avec l’aide de la racaille batracienne mutante, laquelle entrait en convulsions à la seule évocation du Gourou.

Il ne recherchait pourtant pas la compagnie de son nouveau père uniquement pour se protéger des feulements des Haillonneux. Il voulait également échapper aux reproches condescendants de Tonton, celui-là même qui lui avait naguère soufflé, mot pour mot, avec l’assurance tranquille du pere de tant de ses predecesseurs alkebulanais, les instructions venues de l’Assemblée générale de la Satanie. 

Le Corbeau les avait appliquées avec zèle. Seulement voilà, les résultats étaient calamiteux. 

Il avait beaucoup dépensé pour la traitraille, celle-ci était ridiculisée chaque fois qu’elle tentait de sortir la tête de l’eau. 

Il avait enrôlé des Judas : ils peinaient à convaincre de leur bonne foi. 

Il avait domestiqué les grandes gueules : elles avaient fini par convaincre tout le monde de leur corruption. 

Il avait voulu fabriquer des ennemis au Gourou ; il n’avait réussi qu’à fabriquer des caricatures de lui-même.

À ce stade, la traitraille ressemblait moins à une armée qu’à un chœur tragique, gesticulant autour d'un traitre désespéré fuyant son passé alors que l'avenir était plus inquiétant. La catastrophe, les élections, approchait ! 

Il avait toujours le choix, certes, tant qu'il tenant avec autant de haine a venir à bout de son ancien pere, le gourou devenu son mortel ennemi mais toutes les options convergeaient au même résultat. Effacer le passé ou défaire l'avenir ?

Le Gourou devait donc disparaître, n'importe comment. 

Et, en fait, il ne restait donc plus qu’une solution. La seule. L’unique. Celle que Satan, le maléfique visionnaire, le premier à avoir percé son fond mauvais avant tous les autres,           lui avait depuis longtemps imposée comme condition suprême. 

Tuer le Gourou !


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