Satan en avait-il finalement assez de conter fleurette pendant tout ce temps à la nounou qui se refusait obstinément à lui ? Il ne lui laissait désormais plus le choix. Le mariage… ou alors, pas question pour elle de continuer à partager avec lui son joujou, l’ouroboros. C’était clair. Très clair.
La nounou avait longuement soupesé le pour et le contre. Lâcher son babyboss ? Pas question. Autant mourir !
Elle avait donc accepté, non par amour, mais par dépit. Pourtant, son amoureux démoniaque n’en avait pas encore fini avec ses exigences. Il lui fallait des gages, des preuves irréfutables de fidélité.
Encore ? Oui, encore !
Elle devait désormais participer de façon plus assumée à sa guerre contre le gourou, en mettant à sa disposition toute sa racaille batracienne y compris la traitraille ubiquitaire mais aussi le taureau noir. Et ce n’était pas tout : ses enfants invertis chéris devaient, eux aussi, recouvrer la liberté dare-dare.
Le tiraillement incessant entre Satan et la nounou avait déjà causé assez de dégâts dans la cervelle de l’ouroboros. Le pauvre était complètement perdu, comme s’il avait définitivement perdu le nord. Il n’avait plus aucune conscience de lui-même, encore moins celle d’être devenu le jouet d’un couple pervers. Judas, le plus grand traitre de l'ancien Laf pourrait lui etre d'une grande aide !
Devait-il agir à la manière du gourou, ou se laisser modeler à l’image du monstre ? Les bidasses l’avaient-ils seulement compris ? Pouvait-il encore espérer une quelconque affection auprès de la racaille et de la marmaille, intimidées par l’ombre pesante du gourou ? Ses satrapes ethnicistes feraient-ils le poids ?
Mais, au fond, qu’était réellement ce rapport entre un rebelle et un traître ?
Pourquoi Satan tenait-il toujours à s’aguicher les traîtres pour constituer son armée de démons ? Était-ce par promesses, par flatteries, ou par cette connaissance intime qu’il avait des failles humaines ? Il devait y avoir un peu de tout ça.
Car il ne saurait y avoir d’effet sans cause. Et quoi de plus naturel, en définitive, que celui qui avait brisé la première fidélité s’entoure, à son tour, de loyautés fragiles ?
Les traîtres rassurent un chef déchu, mais ils ne le sécurisent jamais. Ils obéissent tant que souffle le vent de l’intérêt, puis se dispersent dès que l’orage menace. Une armée fidèle se bâtit sur la confiance tandis qu’une armée de traîtres ne tient que par la peur et l’illusion, ses atouts exclusifs.
C'était une gageure que le gourou puisse ferrailler dans cette foret d'avatars sans victimes collatérales !
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