dimanche 29 juin 2014

ELECTIONS CHERES...


Les sénégalais seront, ce dimanche, en vérité, très loin des 5.3 millions inscrits sur les listes électorales à élire les 28 000 conseillers départementaux, ruraux et municipaux des 602 collectivités locales du pays.

L’Etat aura décaissé la bagatelle de 15 milliards de F CFA pour prendre en charge les frais occasionnés par ce scrutin quasiment inutile quand on considère la petite marge de manœuvre dont dispose les élus locaux dans le cadre de ce régime présidentiel fort et centraliste qui gère le Sénégal mais aussi le peu d’impact finalement de leurs décisions très localisées.

Il ne fait guère de doute dès lors que les postulants éparpillés sur 2500 listes se livrent à une triviale course aux titres chère payée par les contribuables qui attendent depuis toujours que les problèmes liés à la fourniture de l’eau et de l’électricité soient définitivement réglés.

Il faudra bien entendu corriger rapidement car cette ruée électorale révèle qu’il y a lieu de croire, bel et bien, qu’il y a anguille sous roche. Car le poste de conseiller dans une collectivité est théoriquement bénévole !

Le législateur s’est trompé de bonne fois, admettons-le, en n’exigeant pas des candidats des cautions à l’instar des scrutins  présidentiel et législatif.

Selon le mot de La Bruyère, quand on veut changer et innover dans une république, c'est moins les choses que le temps que l'on considère. Il y a des conjonctures où l'on sent bien qu'on ne saurait trop attenter contre le peuple ni trop le ménager.

Cette réflexion rejoint sans aucun doute le trompe-l’œil présidentiel de la gouvernance vertueuse.

Le gouvernement aurait pu s’en accommoder à outrance si d’aventure ces élections locales n’avaient pas été habillées du manteau référendaire à mi-mandat du bonhomme président  qui a cru bon, tenaillé par la peur, de renier sa parole d’honneur de réduire son mandat à cinq ans ! 

Car il est évident que le slogan de gouvernance vertueuse brandi naguère avec ostentation s’est révélé un attrape-nigauds !

Remi SARR

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