lundi 2 juillet 2012

LE PEUPLE, LAS OU DEPITE ?


Le Senegal à l’occasion des élections législatives qui viennent de se dérouler le week end passé a tenu à fêter à sa manière les 100 jours que le président Maky Sall vient de boucler au sommet de la République. 

Le raz de marée électoral obtenu par la liste de sa mouvance occulte très difficilement le taux d’abstention faramineux de l’électorat, 77% ! 

Dans pareil cas, on comprend aisément que l’on ne puisse faire l’économie, outre mesure, de conjectures pour décrypter ce message populaire particulièrement sibyllin.

La nouvelle majorité présidentielle a parfaitement raison, de toute manière, de ne pas jubiler car l’enseignement majeur est que le Président de la République se doit de décoder ce message, au premier chef et en vitesse.

Que s’est il passé, en effet, entre le 25 mars et le 1er juillet dernier pour que les 65 % des sénégalais qui l’avaient porté au pinacle n’éprouvassent pas le besoin de retourner aux urnes pour conforter leur choix ?

C’est qu’après 100 jours de gouvernance, il est particulièrement difficile de savoir ce que Maky veut et surtout où il veut aller !

Oui, qui de son entourage restitue fidèlement sa pensée ?

Sont ce les zombies Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, candidats malheureux de la présidentielle qui lui avaient apporté leur soutien au 2eme tour, qui ont fini de le prendre en otage ?

Ou alors la belliqueuse Aminata Touré ? Ou tous ces as de la politique politicienne qui ont fini d'investir le nouveau pré au point de brouiller le signal ?
  
Oui, en avouant publiquement, toute honte bue, qu’il va marcher sur les pas de l’ancien régime pour poursuivre le fameux plan Takkal, objet de tant d’imprécations électoralistes, Maky en a incommodé son monde. S'il en ainsi, pourquoi ne pas reconduire Monsieur Karim Wade au ministère de l'Energie ? 

Non, on avait oublié, en confondant vitesse et précipitation, que le Plan Takkal était supervisé par le petit frère, le grand sachem Cheikh Tidiane Mbaye de la SONATEL au caractère bien trempé, de Monsieur le Premier ministre, Abdoul Mbaye !

 On aurait pu penser quand même à débaptiser le plan pour sauver les apparences !

Maky Sall aura en tout état de cause dribblé son ministre de l’énergie qui apprend à ses dépens que ses paroles «  si chacun a un rôle à jouer, je décide seul » comme il déclarait dans les colonnes du magazine Jeune Afrique à qui il avait réservé sa première sortie officielle, ne sont pas des mots en l’air !

Que dire des fantomatiques mesures de baisse des prix des denrées de nécessité, le nombre astronomique de ministres conseillers à la présidence dont la liste s'allonge au fil des conseils ministériels, son revirement par rapport à la suppression du Senat ainsi que les tentatives maladroites de ses affidés de revenir sur sa promesse de limiter son mandat à cinq ans ?

La demande sociale, ce n'est bien évidemment pas les audits…

Maky Sall renvoie ainsi une image mitigée aux Sénégalais qui ne comprennent pas toujours qu’il ait pu aller rendre visite en France au Président Sarkozy en campagne électorale.

Qu’est ce qu’il y avait d’urgent, sérieusement, à remanier dans le texte des accords de défense qui lient la France et le Sénégal ?

Pire il se comporte, a maint egard, comme ses autres homologues africains qui usent de l’appareil d’Etat pour panser rancœurs et rancunes.

Sa premiere mesure présidentielle qui fut de doter ses ministres de bolides luxueux à 60 millions de F CFA l'unité se passe tout simplement de commentaires.

On attend toujours les ruptures annoncées, donc. Des attentes qui ont peut être cherché à s'exprimer à travers le vote en faveur des listes dirigées par les religieux qui entrent par la grande porte de l'Assemblée Nationale !

Et si cette abstention est juste de la colère contenue ? Alors, il y a de quoi avoir peur !
                                                                                                       
Mangoné Sall

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