dimanche 11 janvier 2026

LA TRAITRAILLE UBIQUITAIRE...

La squaw, sacrée nounou du garnement qui jouait avec les allumettes, avait tenu, elle-même, à réceptionner le taureau noir. Il fallait vérifier que l'échine de la bête était suffisamment  moelleuse pour être digne de supporter le séant de l'ouroboros. 

Avec les idiots utiles qui rôdaient autour de son baby-boss, il fallait toujours être aux aguets pour le respect scrupuleux du protocole. Pas question de laisser le moindre grain de poussière gripper sa machine de vengeance qui carburait à plein regime !     

Au Gourouland, qui voulait la paix, tenait à la paix de sa famille et s'inquiétait peu ou prou de la quiétude de son entourage devait veiller principalement à ce que le gourou vive en paix. La paix du gourou etait la garantie de la paix publique. La paix sociale ne résidait pas dans la gueule de l'oruoboros. 

Il était des vérités non écrites. Personne ne pouvait en démontrer la logique. Rien ne pouvait s'y opposer...

Le monstre d'avant sa visitation, ses lascars et ses larbins l'avaient compris. La marmaille et la racaille en vivaient les stigmates pour longtemps encore. Les Gobelins refusaient, pour le moment encore, d'être des mannequins du défilé de mode d'Imeldasse... Même aux cotés de leur chef suprême, le top model à l'honneur !

L'ouroboros, sombre idiot prétentieux, avait cru pouvoir passer outre, il regrettait à présent amèrement d'avoir offensé le gourou. Qu'est ce qui n'avait pas marché dans son lumineux plan ? Hé bin, beaucoup de choses, pardi, mais en cause surtout, son rapport suspect avec le pouvoir. Sans justice, ce dernier n'était qu'une source de corruption. Refuser d'accepter qu'il  n'est que soumission à la vérité, c'est se condamner avec les siens sans verdict !    

En se cognant contre le mur de protection érigé autour de son tuteur renié, il avait perdu personnellement toute respectabilité sociale, sa famille rasait les murs de honte, sa nounou était devenue un esprit noctambule, ses satrapes corrompus et ses ténèbres ancestrales perdaient honneur après dignité pour avoir accepté d'être ses instruments pour importuner le gourou. 

Ils étaient sonnés par la prise de conscience brutale que beaucoup parmi ceux à qui ils pensaient avoir affaire leur étaient inconnus. Des êtres au profil douteux, une existence virtuelle et opaque. Oui, c'était sans doute cela, des parias qui jetaient le sable dans le couscous des festivités aux frais de la princesse sauvagement braquée et extorquée !

Cette déconfiture imprévue était d'une telle intensité qu'elle avait appelé à une révision stratégique. Désormais, la traitraille allait faire preuve d'ubiquité. L'ouroboros en tête, ce sera un pied dedans, un pied dehors ; en d'autres termes ni dedans, ni dehors !     

vendredi 9 janvier 2026

LA POLITIQUE DE L'ARGENT

Teddy et Soso se congratulaient, exultants, le monde allait enfin reconnaitre leur force. Au diable la force du droit, vive le droit de la force ! 

Soso avait envahi des terres lointaines, comme pour remodeler les frontières du monde. Teddy s’était permis d’enlever un dirigeant, comme on déplace un pion sur l’échiquier mondial. L’Empereur rouge, lui, restait en retrait, hésitant entre appui discret et menace voilée. Et s'il n'était pas que le dindon de la farce de l'espièglerie caucasienne ?

La mondialisation avait été un fiasco culinaire : les recettes de prospérité universelle avaient tourné à l’indigestion générale. Désormais, chacun devait relever sa soupe de souveraineté économique avec ses propres mains, ajustant les épices selon son appétit et son audace. 

L’exécution ayant trahi l’intention, il fallait tout recommencer, içi et ailleurs, en apprenant à tenir compte des ogres qui ravageaient le festin mondial. On est reparti pour une nouvelle quête de l'universel... 

Au Gourouland, les vieux démons de la politique ressuscitaient, nourris par l’imposture démocratique de l’Ouroboros.

Le choix s’imposait au Gourou. Le paysan corrupteur tendait un traquenard, à travers sa politique par l'argent, prêt à miner sa force d’adhésion. Renoncer à le combattre ? Perdre des hommes. Continuer ? Consolider une foi compacte, incassable. Ne serait-il pas sage d'attendre de connaitre les intentions du garnement qui jouait avec les allumettes ? Que voulait l'ouroboros ? Que cherchait-il à prouver ? Cela en valait-il la peine de le combattre ? Agissait-il comme adversaire ou ennemi ? 

N’était-il pas plus quelqu’un qui inspire qu’un simple gestionnaire ? N’était-ce pas la souveraineté économique qui commandait l’urgence ? L’émancipation politique qu’il prônait dépendait bien plus des forces productives – les seuls acteurs du vrai développement. Et ces forces n’avaient jamais eu autant besoin d’un meneur. Suivre le chemin déjà tracé par d’autres, avec la même foi et la même abnégation, ce n’était ni réinventer la roue, ni courir après le train des autres. 

Peu importait que les forces ténébreuses et leurs satrapes aient offert une monture à leur mentor : le Taureau noir. Ayant renoncé à attaquer la tête de la pyramide des haillonneux, il s'en prenait à la base, silencieusement, inexorablement.

C'est que l’Ouroboros, fidèle à sa nature égocentrique, labile et calculateur, ne croyait pas à la loyauté. Il en calculait le prix et payait rubis sur l’ongle. L’argent n’était plus un problème, il en disposait par liasses noires à profusion. Avec sa cohorte de satrapes corrompus, il s’était convaincu que les appareils politiques ne tenaient pas par la ferveur, mais par la distribution : le pouvoir devait être horizontal, transactionnel, nourrissant la dépendance des ralliés.

la politique de l'argent est simplement ridicule. Il est à notre image : il éclaire l'honnête et noie le corrompu et le corrupteur.

L'argent peut acheter des alliés, corrompre des coeurs mais le destin ne se vend pas !

dimanche 4 janvier 2026

GOLFEUR EN HERBE....

Des alternances politiques, le Gourouland en avait connu. Beaucoup même. Mais jamais on n’avait jugé utile d’en calculer le coût réel.

On avait toujours différé le calcul, on remettait au lendemain ce qu’on craignait de voir se transformer en catastrophe, par hâte de se servir, jusqu’à ce que l’addition devienne explosive. Le passif social s’accumulait : frustrations, colères muettes, espérances trahies, bref, tout ce qu’un simple verdict des urnes ne pouvait plus contenir.

Le calcul du coût démocratique de ces alternances auquel un des lascars du monstre, et non des moindres, la Pintade de Tangun, se refusait obstinément était pourtant simple, presque enfantin. Même les esprits les plus détraqués ( le grand Animal, le Condoreau, le Mamba noir ) pouvaient le saisir : c’était la somme des écarts entre la norme démocratique et les pratiques réelles.

Mais admettre ce calcul eût été reconnaître l’écart entre le rêve que le monstre nous avait vendu sous ses tralalas de sobriété vertueuse et le gouffre dans lequel sa sociopathie prédatrice nous avait plongés. La Pintade de Tangun préférait continuer ses cris, qui n’annonçaient toujours que le désordre, jamais la lucidité.

L’ouroboros, parjure d’âme, friand de jeux solitaires, avait reçu un terrain de golf en guise de cadeau de Nouvel An. De la part d’Imeldasse ou de la Grand Poupée, nul ne savait vraiment. C’était une raison suffisante pour réclamer la paix autour de lui, un silence absolu pour perfectionner son swing et son grip : le seul art capable de lui ouvrir la compagnie des grands de ce monde, le seul club qui seyait à sa stature et où il pouvait éclater en rires et en blagues.

Les urnes tranchent, certes, mais elles ne réparent ni les humiliations accumulées ni les promesses fossilisées dans les discours d’hier. Le monstre nous avait montré qu’un leader qui ruse avec les principes démocratiques engourdit la démocratie pour en faire un théâtre de marionnettes : le peuple applaudit sans comprendre, se rebiffe sans retenue.

Était-ce là l’objectif recherché par le top model d’Imeldasse ? Faire la même chose pour obtenir un autre résultat : c’est peut-être cela qu’on appelle réforme.

En tout état de cause, ce n’est pas l’ouroboros, tout entier captivé par son dernier cadeau, qui mettra fin à cette politique de l’autruche. 

L’homme sans foi est comme un bateau sans gouvernail. Un capitaine sans gouvernail n’est même pas digne d’être stagiaire. Quiconque flirtait avec les forces des ténèbres ancestrales n’était plus digne de poser son séant dans le temple de Dieu. Il faut lui dire son fait : il est vil, joueur, aventurier et dangereux. He's broken bad... 

Cela valait aussi pour l'ouroboros.