vendredi 27 février 2026

PRIS AU PIEGE ?

Les désirs humains s’opposaient, dans de nombreux cas, aux dures lois de la nature, tandis que les espoirs se heurtaient souvent à l’implacable destin, la volonté transcendantale divine. 

Et si tout homme était une histoire de vie, une idée avant d’être matière, sa place de vicaire dans le plan de Dieu, résidait dans son existence encadrée par les evenements possibles et les occurrences impossibles, les manifestations physico-naturelles et les aspirations chimico-spirituelles, .

Satan était remonté contre l’ouroboros et le monstre. Aucun n'avait daigné lui témoigner sa sympathie face à la maltraitance inouïe que subissaient ses fils invertis. Le garnement ludopathe avait sans doute trouvé un nouveau jouet et le monstre parcourait le monde vocifèrant contre le gourou.

Et pour ne rien arranger, la squaw, l'ame comploteuse, s'était mise à attiser le feu en agitant des idées qui la dépassaient...  

Pourtant, l’épouvantable élément alpha, la dendrobate, avait cru pouvoir le rassurer. Oui, voter une loi est une chose ; l’appliquer en est une autre. Et certainement, l'alliance racaille-marmaille veillait, bel et bien !

La colère de Satan était trop puissante et révélatrice. Elle ne saurait etre calmée par l'hypocrisie d'hommes sans morale et révélait plutôt le pire en eux : des dirigeants banals, que la veulerie ne cessait de creuser le fossé dans lequel l’histoire finirait par les enfouir.

Le transfert avait bien eu lieu lors de la rencontre épiphanique, pour ceux qui en doutaient encore. Le gourou prenait son élan. Le ciel gouroulandais devenait trop petit pour l’envergure de ses ailes. Les haillonneux étaient-ils seulement prêts à le partager avec les autres alkebulanais ?

Satan avait fermé les portes occidentales. Le gourou s’était chargé des portes orientales. Qui se sentait pris au piège, au point de tenter des compromissions indignes et abjectes ?


dimanche 22 février 2026

DU PARASITISME SOCIAL PUBLIC ...

On raconte qu’un chat partit un jour en pèlerinage. À son retour, les bêtes de la clairière vinrent lui tresser des couronnes et saluer sa piété neuve. Toutes, sauf la souris. Interrogée, elle répondit calmement que le pèlerinage renouvelle la foi mais ne métamorphose pas la nature. Le chat restait chat, même sanctifié par la route et la poussière des temples. Cette sagesse murine valait pour toutes les espèces : on peut laver les pattes, non les instincts.

L’hypocrisie de l’ouroboros n’avait pas encore atteint ce degré de raffinement où l’on feint l’indifférence à son propre profit. Il ne dissimulait guère la satisfaction que lui procurait le présent de sa nounou, la squaw. Il en discernait déjà les dividendes. Premièrement, la marmaille comme la racaille multipliaient les œillades complices pour neutraliser le gourou. Deuxièmement, son pacte sournois avec le monstre gagnait en probabilité de succès. Troisièmement, sa nature belliqueuse, vindicative et vaniteuse entrevoyait là l’occasion de solder ses comptes avec tous les haillonneux qui refusaient de mordre à l’hameçon de l’ubiquité.

Pourtant, fidèle à son fond retors, il avait tenu à y apposer sa marque. Il exigeait une osmose plus étroite dans l’alliance. Cette requête épousait d’ailleurs les vues de la marmaille, trop souvent décontenancée par les débordements de la racaille. Car l’entreprise demeurait fragile : il s’agissait de saboter méthodiquement les accusations contre les larbins du monstre afin de leur conférer une blancheur d’ange. Voudrait on aussi les rendre "dignes" de se mettre au service de l’ouroboros ?  La racaille comprendrait-elle la nécessité de la mesure dans l’excès ?

Le défi restait entier.  Cela allait de soi. Une tempête grondait. Là où le gourou prêchait l’attachement au mât pour traverser l’orage, l’ouroboros, lui, dressait la table et conviait sa traîtraille batracienne à la bombance. Festoyer quand il fallait résister ; célébrer quand il fallait tenir. Le mamba noir, larbin noir au cœur aussi sombre que le charbon, brûlait déjà de s’y joindre.

C'était ahurissant. Les uns invoquaient la discipline pour survivre à la tourmente, les autres trinquaient à l’approche de l’éclair. Mais la souris, tapie dans l’herbe, n’oublie jamais que ni le pèlerinage ni la tempête ne changent la nature profonde des prédateurs. Et elle attend, basse de tête, haute de regard.

Oui, il ne fallait pas compter sur l’ouroboros pour faire avancer les choses. Il n’était plus moteur, mais inertie ; non plus levier, mais lest. À force de se contempler lui-même, il avait fini par confondre mouvement et répétition.

Il était devenu le point d’ancrage des parasites sociaux, le pivot immobile autour duquel s’agrippaient les ambitions stériles et les fidélités intéressées. De lui partaient des ondes troubles, des interférences savamment entretenues qui brouillaient le réseau de la communication publique. Chaque message se voyait altéré, chaque parole filtrée, chaque intention suspectée avant même d’être entendue. Là où l’on espérait un relais, on trouvait un écran ; là où l’on cherchait un pont, on rencontrait un siphon. 

Il ne bâtissait pas, il retenait. Il ne clarifiait pas, il compliquait. Et plus la tempête grondait, plus il resserrait autour de lui ce cercle d’obligés qui prospéraient dans le trouble, comme si le chaos était devenu leur écosystème naturel. 

Ainsi l’ouroboros, en prétendant préserver l’ordre, entretenait le désordre, poursuivait le chaos. Car certaines forces ne se contentent pas de freiner l’histoire : elles la font tourner en rond, jusqu’à l’épuisement des plus patients...

vendredi 20 février 2026

LA CRISE D'EGO

Était-ce de l’inconscience ? De la passivité éclatante ? Ou cette nonchalance enjouée que certains arborent lorsqu’ils feignent de ne pas croire à l’inéluctable ?

Le comportement de l’homme devant sa mort prochaine demeure un sujet d’une extrême délicatesse. Il y a le condamné en sursis que la menace n’effraie plus ou bien l’agonisant hilare qui tourne la fin en dérision sinon l’intrépide qui s’élance vers le gouffre comme vers une conquête. Et puis il y a celui qui sait, parfaitement, mais choisit d’habiter le déni. La mort, pourtant, ne cesse de se rappeler à notre souvenir, avec une régularité presque pédagogique. 

Dans un autre registre, on ne pouvait pas soutenir que l’avertissement de Satan n’avait pas été reçu. Il l’avait été. Distinctement. Notamment par l’ouroboros.

Mais le bambin qui jouait avec les allumettes, fidèle à sa nature, préférait la diversion. À la suite de sa nounou, la squaw, il avait piqué une crise d’ego dont la théâtralité dissimulait mal l’angoisse. La fâcherie d’Imeldasse ne faisait qu’exacerber ce tumulte intime. Ce blues domestique etait devenu le camouflage opportun : derrière la querelle privée, on pouvait masquer le malaise public.

Car le vrai trouble était ailleurs. Le peuple ne vibrait plus. Les haillonneux doutaient. L’engouement se fissurait.

Face à cette érosion silencieuse, son ipséité, vaniteuse et craintive, avait activé le mode de survie. Il avait compris que Satan ne plaisantait pas. Et comme il était celui qui avait le plus à perdre, il avait battu le rappel de la traitraille ubiquitaire et sur consultation  de ses conseillers de l'ombre parmi les forces des ténèbres, il penchait pour la marche arrière. Non pas repentance. Non pas rectification. Mais recul stratégique.

Comme toujours, le sale ouvrage serait confié au gourou. C’était la seule besogne que l’ouroboros consentait à déléguer. Et souvent dans les hautes affaires publiques, les vraies questions étaient de sales affaires. 

L’ouroboros gardait la posture, le gourou assumait l’épreuve. Ainsi, l’ouroboros était devenu la calamité gouroulandaise. Car la résilience d’un pays repose, d’abord et enfin, sur la confiance. Confiance horizontale entre les acteurs, confiance verticale envers celui qui prétend guider.

Que valait à présent l’ouroboros ? Était-il moteur ou frein ? Était-il vision ou vertige ?

La situation avait pris une tournure dramatique bipolaire. Juché sur son taureau noir, grisé par la puissance mais inquiet de la trajectoire, il voyait son proto avancer plus vite que ne le permettait son instinct de conservation. Plutôt que d’en canaliser l’élan, il avait choisi la vieille méthode des lopettes, opposer l’énergie naissante à ses propres forces régressives. Diviser pour contenir. Ralentir en fracturant. Neutraliser en opposant.

Mais le danger était que tenter de brider un mouvement en l’écartelant, c'était aussi risquer d’embraser l’attelage tout entier.

Et peut-être était-ce cela, au fond, la véritable inconscience : croire que l’on peut survivre éternellement en reculant, que l’on peut préserver sa couronne en affaiblissant son propre royaume. Il est des marches arrière qui ne sauvent pas mais révèlent seulement que le conducteur a perdu la route.