dimanche 4 janvier 2026

GOLFEUR EN HERBE....

Des alternances politiques, le Gourouland en avait connu. Beaucoup même. Mais jamais on n’avait jugé utile d’en calculer le coût réel.

On avait toujours différé le calcul, on remettait au lendemain ce qu’on craignait de voir se transformer en catastrophe, par hâte de se servir, jusqu’à ce que l’addition devienne explosive. Le passif social s’accumulait : frustrations, colères muettes, espérances trahies, bref, tout ce qu’un simple verdict des urnes ne pouvait plus contenir.

Le calcul du coût démocratique de ces alternances auquel un des lascars du monstre, et non des moindres, la Pintade de Tangun, se refusait obstinément était pourtant simple, presque enfantin. Même les esprits les plus détraqués ( le grand Animal, le Condoreau, le Mamba noir ) pouvaient le saisir : c’était la somme des écarts entre la norme démocratique et les pratiques réelles.

Mais admettre ce calcul eût été reconnaître l’écart entre le rêve que le monstre nous avait vendu sous ses tralalas de sobriété vertueuse et le gouffre dans lequel sa sociopathie prédatrice nous avait plongés. La Pintade de Tangun préférait continuer ses cris, qui n’annonçaient toujours que le désordre, jamais la lucidité.

L’ouroboros, parjure d’âme, friand de jeux solitaires, avait reçu un terrain de golf en guise de cadeau de Nouvel An. De la part d’Imeldasse ou de la Grand Poupée, nul ne savait vraiment. C’était une raison suffisante pour réclamer la paix autour de lui, un silence absolu pour perfectionner son swing et son grip : le seul art capable de lui ouvrir la compagnie des grands de ce monde, le seul club qui seyait à sa stature et où il pouvait éclater en rires et en blagues.

Les urnes tranchent, certes, mais elles ne réparent ni les humiliations accumulées ni les promesses fossilisées dans les discours d’hier. Le monstre nous avait montré qu’un leader qui ruse avec les principes démocratiques engourdit la démocratie pour en faire un théâtre de marionnettes : le peuple applaudit sans comprendre, se rebiffe sans retenue.

Était-ce là l’objectif recherché par le top model d’Imeldasse ? Faire la même chose pour obtenir un autre résultat : c’est peut-être cela qu’on appelle réforme.

En tout état de cause, ce n’est pas l’ouroboros, tout entier captivé par son dernier cadeau, qui mettra fin à cette politique de l’autruche. 

L’homme sans foi est comme un bateau sans gouvernail. Un capitaine sans gouvernail n’est même pas digne d’être stagiaire. Quiconque flirtait avec les forces des ténèbres ancestrales n’était plus digne de poser son séant dans le temple de Dieu. Il faut lui dire son fait : il est vil, joueur, aventurier et dangereux. He's broken bad... 

Cela valait aussi pour l'ouroboros.  

vendredi 2 janvier 2026

EPIDEMIE DE CAPITAINES CINGLES...

Une attention préventive portée à la santé mentale des potentats alkebulanais s’imposait désormais comme une urgence signalée dans chaque pays. La régularité du phénomène avait fini par lui conférer valeur de loi. À peine installés, leur programme, pourtant présenté comme le socle du pacte avec le peuple, était relégué aux archives mortes, sacrifié sur l’autel d’une nouvelle feuille de route, plus conforme au statut fraîchement acquis, aux appétits familiaux soudain décomplexés et aux rêves egomaniaques jusque-là refoulés.

Les rédacteurs de chartes constitutionnelles devraient s’emparer de cette question sans délai. Car comment nommer autrement cette épidémie de reniement qui frappe les dirigeants sitôt le pouvoir conquis ? Malédiction du fauteuil ? Palais hantés par des démons invisibles ? Mauvais nouveaux compagnons, chuchoteurs de vanité et marchands d’illusions ? Ou, hypothèse plus dérangeante, simple révélation d’une nature longtemps dissimulée, désormais libérée de toute contrainte morale ?

La médiocrité qui s’installe au sommet ne pourrait-elle pas être reconnue comme une pathologie démocratique à part entière ? Une affection chronique, transmise non par le sang, mais par le suffrage. Au meme titre que le niveau de l’électeur moyen, non pour le mépriser, mais pour comprendre ce qu’il tolère, ce qu’il banalise, ce qu’il finit par ériger en norme. Car chacun contribue, par son choix ou son renoncement à l'installation du mauvais. Le baromètre, lui, ne ment jamais : il indique fidèlement la pression. Ce sont les hommes qui feignent de ne pas regarder l’aiguille.

Ainsi, au Gourouland, l’ouroboros était apparu sur la lucarne magique. L’attente d'une prise de parole clarifiante était aussi grande que l'attente d'une interaction réparatrice capable de lever le doute existentiel qui rongeait le peuple. Malheureusement, le spectacle donné fut celui d’un soliloque dévastateur, d’un déchirement public où l’âme semblait se replier sur elle-même. Une convulsion psychotique animique, plus proche de la dispute intérieure que de l’adresse collective. Il se chamaillait, bien plus qu’il ne parlait, avec ses ennemis affreux mentors, trés accommodants.

Les gouroulandais, à l’instar sans doute de nombreux peuples alkebulanais, devront encore s’armer de patience. L’espoir, dans ces conditions, devient une denrée rationnée. Car rien de durable ne peut être bâti avec des dirigeants délurés, prisonniers de leurs pulsions et sourds aux signaux du réel. La souveraineté économique, idée désormais célébrée à l’échelle du globe, n’est plus un luxe idéologique ni un simple credo stratégique : elle s’impose comme un leitmotiv de survie, à l’heure où l’intérêt général s’est vidé de sa substance et où le langage du bien commun n’est plus qu’un décor rhétorique.

Faute de capitaines lucides, les alkebulanais subiront encore l'effondrement latent mais parfaitement prévisible du système monétaire international. Un système qui, sous couvert de technicité et de liberté, a forgé les chaînes de l’asservissement de la plus grande partie du monde à l'autre. 

Bonne année à tous !

mardi 30 décembre 2025

NI SATISFACTION, NI CONSOLATION....

On traînait chacun sa sale histoire. Une sale histoire que, pour rien au monde, on n’aurait révélée. Cette cachotterie devenue obsessionnelle creusait un clivage du moi. Plus la honte était profonde, plus l’investissement psychique s’intensifiait, jusqu’à tutoyer la paranoïa.

Le top-model d’Imeldasse, alias l’Ouroboros, fricotait trop ostensiblement avec les gobelins. Cette proximité n’était pas dangereuse en soi, mais elle dépassait le cadre banal. Elle rappelait un air de déjà-vu, celui de l’ancien monstre, aujourd’hui perdu dans les gouffres de l’histoire. Les monstres, de tout temps, avaient ce sacré talent : pervertir ce qu’ils couvaient. Mais au bout du compte, qui se jouerait de qui ?

La réticence quasi générale de la marmaille et de la racaille l’avait sans doute poussé à tenter ce saut périlleux. À croire qu’il cherchait des alliés pour un sale coup contre le gourou. Même si les minables stratèges en arrivaient à oublier la prudence et le sommeil, la sécurité était l'ainé de leurs soucis. A Tarpeia ad Capitolium... La Gen Z rôdait ! 

En vérité, le garnement jouant avec les allumettes n’était pas pyromane. Il s’était laissé prendre au jeu de la squaw et des forces ancestrales des ténèbres, bien décidées à le hisser sur le trône de Sauron. Il offrait  le spectacle pathétique de Gollum, se servant de ruse pour réaliser une pitoyable ambition.

L’Ouroboros avait décrété un nouveau mot d’ordre : contraindre le gourou au silence, l’humilier publiquement en contredisant ses décisions administratives, pactiser avec ses adversaires, mettre la pression sur ses affidés. Mine de rien. Ni vu, ni connu. 

Dans l’antichambre de Satan, la squaw et le monstre se toisaient. En ces lieux lugubres et sinistres, la parole était d’or, la discrétion de mise, la suspicion la règle et le silence une loi jalousement gardée par le maître des céans, himself. La présence de la squaw rassurait pourtant : jamais elle n’avait nourri l’intention de quitter le giron satanique.

La proximité avec le diable avait ses qualités jouissives, au-delà de toute limite connue. En effet, rien n'était plus terrible que de faire les choses sous contrainte. On n'y gagne ni satisfaction, ni consolation.