La squaw, sacrée nounou du garnement qui jouait avec les allumettes, avait tenu, elle-même, à réceptionner le taureau noir. Il fallait vérifier que l'échine de la bête était suffisamment moelleuse pour être digne de supporter le séant de l'ouroboros.
Avec les idiots utiles qui rôdaient autour de son baby-boss, il fallait toujours être aux aguets pour le respect scrupuleux du protocole. Pas question de laisser le moindre grain de poussière gripper sa machine de vengeance qui carburait à plein regime !
Au Gourouland, qui voulait la paix, tenait à la paix de sa famille et s'inquiétait peu ou prou de la quiétude de son entourage devait veiller principalement à ce que le gourou vive en paix. La paix du gourou etait la garantie de la paix publique. La paix sociale ne résidait pas dans la gueule de l'oruoboros.
Il était des vérités non écrites. Personne ne pouvait en démontrer la logique. Rien ne pouvait s'y opposer...
Le monstre d'avant sa visitation, ses lascars et ses larbins l'avaient compris. La marmaille et la racaille en vivaient les stigmates pour longtemps encore. Les Gobelins refusaient, pour le moment encore, d'être des mannequins du défilé de mode d'Imeldasse... Même aux cotés de leur chef suprême, le top model à l'honneur !
L'ouroboros, sombre idiot prétentieux, avait cru pouvoir passer outre, il regrettait à présent amèrement d'avoir offensé le gourou. Qu'est ce qui n'avait pas marché dans son lumineux plan ? Hé bin, beaucoup de choses, pardi, mais en cause surtout, son rapport suspect avec le pouvoir. Sans justice, ce dernier n'était qu'une source de corruption. Refuser d'accepter qu'il n'est que soumission à la vérité, c'est se condamner avec les siens sans verdict !
En se cognant contre le mur de protection érigé autour de son tuteur renié, il avait perdu personnellement toute respectabilité sociale, sa famille rasait les murs de honte, sa nounou était devenue un esprit noctambule, ses satrapes corrompus et ses ténèbres ancestrales perdaient honneur après dignité pour avoir accepté d'être ses instruments pour importuner le gourou.
Ils étaient sonnés par la prise de conscience brutale que beaucoup parmi ceux à qui ils pensaient avoir affaire leur étaient inconnus. Des êtres au profil douteux, une existence virtuelle et opaque. Oui, c'était sans doute cela, des parias qui jetaient le sable dans le couscous des festivités aux frais de la princesse sauvagement braquée et extorquée !
Cette déconfiture imprévue était d'une telle intensité qu'elle avait appelé à une révision stratégique. Désormais, la traitraille allait faire preuve d'ubiquité. L'ouroboros en tête, ce sera un pied dedans, un pied dehors ; en d'autres termes ni dedans, ni dehors !