lundi 26 janvier 2026

LE FLAIR ENRHUME

La nounou avait-elle agité la chicote ? La trahison du monstre avait-elle été trop douloureuse ? 

Dans tous les cas, le renfrognement plus que de coutume de la mine du garnement qui jouait avec les allumettes désemparait sa traitraille batracienne. Cela dépassait les grimaces d'intimidation d'un prématuré social. 

L'idiotie était une redoutable nature qui contrairement aux maladies infantiles était aussi incurable. Elle etait une arme chimique qui imprègne les gestes, déteint sur les cadeaux offerts et corrompt meme la manière de les donner. L'ouroboros avait pris le mauvais chemin d'amplifier les bêtises de ses successeurs. La sottise était promulguée loi. Il mimait sans intelligence. Il agissait sans réfléchir. Il ne voulait que faire du mal au gourou.

C'est quand on le croit loin que Satan est le plus proche. Et le signe évident de sa proximité était que la nounou demeurait ce serpent à sonnettes. Le seul infâme équipé d'une alarme.

Il n'avait pas abdiqué, loin de là. Il avait recruté la Grand'poupée.   

Mais il n'avait pas donné de feu vert, non plus, quoique le flibustier pervers ait osé danser plus vite que la musique. Le mamba noir, le larbin noir au coeur noir aussi noir que le charbon noir, était en attente !   

Comment un fils de paysan, né pauvre, grandi dans la précarité, pouvait-il militer en faveur d'une ploutocratie kleptomaniaque ? Mystère simple : certains quittent la misère physique, mais la misère morale, elle, ne les quitte jamais.

Le gourou nous devait certainement des comptes. Comment son sacré flair a-t-il pu être ainsi floué pour livrer tout un peuple aux anneaux d'un serpent monstrueux ?  Oui, il devait etre enrhumé ce jour.   

dimanche 25 janvier 2026

ORGANISER LA DIGNITE ?

Un homme pauvre planté devant une montagne d’or, c’est une scène triste. Pathétique, on en conviendra, quand la misère contemple l’abondance sans pouvoir ni oser y toucher !

Mais plus d’un milliard d’hommes condamnés à la pénurie au cœur même d’un continent-coffre-fort, cela cesse d’être triste pour devenir obscène, presque métaphysiquement honteux.

Car tout est là : des terres grasses qui pourraient nourrir des empires, des fleuves indociles, des nappes d’eau dormantes sous le sable, un sous-sol boursouflé de minerais, de pétrole et de promesses, des troupeaux par millions, et une jeunesse innombrable, rude réserve d’énergie et d’invention. Tout est là, sauf la dignité organisée. Sauf l'envie de se passer du monde. On préfère prêter ses outils aux voisins !

Cette contradiction monumentale a donné naissance, ailleurs, à cette sorte de condescendance visqueuse, mélange de pitié molle et de mépris discret, comme si l’échec de ces hommes etait inscrit dans l'ordre des choses, leur misère une fatalité ontologique. 

Et encore, le tableau est assombri par des paysages traités comme des poubelles définitives, des quartiers jetés au hasard dans l'espace, une misère épaisse qui colle aux corps, une justice minable, une sécurité défaillante, et au sommet, une gouvernance qui sent la charogne administrative.

Cette lacune admet des responsables, bien entendu, ces experts en serments trahis qui, à peine installés au pouvoir, rangent le peuple au placard et ouvrent les salons à la parentèle, aux nouveaux amis, aux complices du jour !

L’État devient une affaire familiale, le budget un butin, la fonction publique une mangeoire. La promesse de sobriété se dissout dans l’orgie, l’idéal de service dans la gabegie, mis en scène dans la comédie grasse de ses propres dirigeants.


vendredi 23 janvier 2026

LA REDEMPTION DU ROSSIGNOL...

La marmaille voulait qu'on la croit. Elle assurait avoir changé de peau. Officiellement, ces crabes proposaient leur métamorphose en tortues : si on ne voulait plus qu'ils jouent aux bras armés alors qu'on les laisse batifoler. L'indolence ludopathique du gamin qui jouait avec les allumettes faisait des émules. 

La proposition était martelée, reprise, déclinée en discours solennel. Mais sans un geste concret de bonne volonté, un doute raisonnable demeurait. Car derrière la mue proposée, les mêmes figures de crapules accapareuses persistaient, avec les mêmes méthodes constrictives de la liberté. 

Longtemps cantonnée au rôle de nounou, spécialiste du rictus mauvais qui exaltait son babyboss, la squaw semblait avoir baissé la garde en affichant publiquement sa colèreCe n’était pas, comme on l’a d’abord cru, par échec de ses tentatives d’entamer la crédibilité internationale du gourou. La cause etait plus prosaïque et plus inquiétante : le babyboss, pressé de montrer qu’il mord, avait ouvert la porte à un acteur jugé incontrôlable, un loup dans le marécage, pardon, un rossignol.

Oui, le rossignol était réapparu. Plumes lavées, chant repassé, voix pliée, fidélité affichée à l’ouroboros. La réhabilitation etait époustouflante, le changement presque ostentatoire.

Il avait repris du volume mais pas forcément de l’innocence. Les brûlures de ses anciennes ailes restent lisibles, malgré le maquillage stratégique. Avoir trop fréquenté le feu vous laisse durablement un parfum de fumée.

Une chose est claire : le rossignol n’était pas revenu pour décorer le paysage et il avait à sa manière adressé un oui de recevoir à la demande de ses services du top model d'Imeldasse.

Ce dernier avait besoin, plus que jamais, d’un partenaire soumis, d’un rempart populaire. Et surtout d'un parrain de son compagnonnage avec ses nouveaux amis nés une cuillère en argent dans la bouche. 

La nounou se posait aussi la question qui circule, sans être formulée officiellement : le rossignol new look est-il un simple signal de loyauté ou le début d’une contestation interne maquillée en fidélité ?

Dans la marigot de la traitraille batracienne, comme du temps de la ferme des cavaliers haineux du monstre, les coups ne s’annoncent jamais. Ils se préparent en silence, sous la vase, pendant que les discours parlent de stabilité.