On pouvait tout reprocher au mollah défroqué sauf son extrême prescience. Il avait averti le garçon - désormais annabite ? - de son funeste sort quant il l'a vu entouré des mêmes lascars qui avaient escorté le cercueil du jadis petit prince, très tôt attaché à l'affection des siens et sans doute des nôtres.
Tout était affaire de générations, pour ainsi dire, les pollueurs éternels de tout pouvoir ! Pour peu qu'elles découvrent leur mission car leur massification rendait de moins en moins probables la trahison de celle-ci.
Le gourou et l'ouroboros en étaient-ils conscients ? Certes ils avaient gagné avec la génération Y et pour l'essentiel, allaient gouverner pour et avec elle. Mais ils seront jugés en grande partie par la génération Z en même temps que la génération Alpha dans une moindre mesure !
Il leur appartenait, en toute connaissance de cause, dès lors, de casser le ressort du piège dans lequel ces juges en puissance se sentaient pris dès leurs prise de conscience.
L'ouroboros, en particulier, était le plus interpellé en ce sens qu'il sera le héros ou le zéro des victoires futures, du succès de la mission qui passait nécessairement par l'anéantissement des derniers remparts de l'influence de la vermine du monstre tout en évitant attentivement de tomber dans le repli suicidaire sur soi, sur les haillonneux et sur sa génération. Il devra tenir pour vérité aussi intemporelle qu'inébranlable que l'on ne pouvait pas diriger un peuple avec une partie du peuple.
Pour ne pas avoir compris cette dynamique, le monstre d'inculture, déjà avachi par son instinct kleptomane oligarchique, avait plutôt succombé à une dérive illibérale pour affronter une aussi dure réalité, pratiquement imparable !
Oui, l'ouroboros devra comprendre que quand l'oiseau de Minerve s'envolera, elle chantera que le gourou a été son fidèle compagnon voire son factotum... Il avait réussi sa mission de guider une génération, en toute cohésion et discipline totale, vers l'accomplissement de sa mission. C'était Beaucoup !