Gouroulandais et gouroulandaises avaient attendu ce moment dans un suspense émotionnel intense fait d'un mélange entre appréhension et espoir. Comme si le gourou en était à sa première prise de parole !
Et leur gourou avait été au rendez vous, il leur avait parlé et bien parlé, les avait à nouveau convaincu mais aussi plus que jamais avait dopé leurs espoirs d'un gourouland juste et prospère.
Toutefois, le pays restait sur une profonde division sociale et economique. Sans doute que trop profonds étaient les sillons de la vaste entreprise de démantèlement qui tint lieu de gouvernance pour le monstre et sa vermine mais l'unité des coeurs et des esprits était une condition nécessaire de premier ordre pour ce nouvel essor chanté.
Le gourou en était conscient mais même si à l'impossible nul n'était tenu, il avait besoin de bâtir des consensus forts pour optimiser son action qui cristallisait une espérance exceptionnelle. Et il avait besoin de renfort, au delà de son intelligence tactique et stratégique et la persévérance hors du commun de son Etat-major.
Comment parvenir à des accords, sans compromission, avec des adversaires qui ne pensent exister qu'à travers votre anathémisation et qui ne peuvent assouvir leur ego qu'à travers la diatribe méprisante et haineuse contre le gourou ?
La nécessaire reddition des comptes peut elle présider à une convergence de vues sur la justice et la paix entre la vermine et les haillonneux ?
N'était-ce pas la partition dédiée à l'ourobouros malencontreusement sorti de son lit spirituel. Mais qui oblige un ingrat, risque d'acheter la haine...
Mais qu'à cela ne tienne, dans ce superbe jeu magistralement mené de bout en bout par les haillonneux et leur gourou, la balle de match était désormais entre les mains de l'ouroboros.
Justement au moment où Satan, la rage au coeur, entreprenait la destruction de ses bases. Il se demandait comment ce repaire à l'allure paradisiaque avait pu échapper à son escarcelle. Ses hordes avaient fait le nécessaire, il n'en disconvenait.
Mais parce que répéter son erreur est la marque du Diable, sans doute il n'apprendra jamais de sitôt qu'il n'avait rien à gagner dans une alliance avec les hommes. Il avait ouvert sa hotte pleine d'âmes qu'il libérait au vent...
Toutes ces âmes qui se sont offertes à lui, qui se sont vendues à lui et qui ont cherché refuge auprès de lui non sans auparavant les avoir marqué du signe du diable.
Décidément le Gourouland était béni ! Ses illustres fils, aujourd'hui dans le limbe, n'avaient jamais arrêté de prier...